Ensevelie sous les alluvions des Alpilles, la ville antique de Glanum n’a été fouillée qu’à partir de 1921

Les vestiges de la ville antique de Glanum, à Saint-Rémy-de-Provence
Le site antique de Glanum (Bouches-du-Rhône). Photo : Thérèse Gaigé, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Aux portes de Saint-Rémy-de-Provence, une ville antique entière a disparu sous les alluvions descendues des Alpilles. Glanum, saccagée vers 270 puis abandonnée, n’a été fouillée qu’à partir de 1921. Deux de ses monuments, eux, n’ont jamais été perdus de vue.

Le cénotaphe des Julii, souvent appelé à tort « mausolée », et l’arc de triomphe voisin sont restés debout depuis l’Antiquité, au bord de la route. Connus sous le nom des « Antiques », ils étaient célèbres bien avant que l’on redécouvre la ville qu’ils signalaient.

Une cité née d’une source

Glanum est d’abord une fondation celtique, Glanon, vouée au dieu guérisseur gaulois Glan. Le peuple des Glaniques appartenait à la confédération des Salyens, et les plus anciennes occupations du site remontent à l’âge du bronze final. La cité s’installe à l’entrée d’un défilé rocheux qui mène au mont Gaussier, à l’abri des Alpilles.

Deux atouts expliquent son essor : une source sacrée, qui en fait une ville-sanctuaire, et la proximité de la voie Domitienne, au carrefour de deux routes antiques reliant l’Italie à l’Hispanie, l’une par les Alpes, l’autre le long de la mer. La cité subit ensuite une forte influence grecque, avant de connaître son apogée sous Auguste.

Trois villes superposées

  • La période celto-ligure, la plus ancienne, avec les premières occupations du site.
  • La période d’influence hellénistique, qui laisse des aménagements de grande qualité.
  • La période romaine, celle de l’apogée sous le premier empereur.
  • Les thermes, le forum et les maisons, dont les plans se lisent aujourd’hui au sol comme sur un calque.

C’est ce qui rend le site si lisible d’en haut : les trois strates se superposent sur le même espace, et la fouille a dégagé un plan complet de rues, de bassins et de maisons, là où il n’y avait plus qu’un champ de cailloux.

Saccagée, puis recyclée

La prospérité s’arrête avec les invasions qui parcourent la Gaule dans la seconde moitié du IIIe siècle. Saccagée vers 270, la ville est abandonnée. Ses pierres servent alors à construire ce qui deviendra Saint-Rémy-de-Provence : le réemploi, dans l’Antiquité tardive, est la règle plutôt que l’exception. Puis les alluvions des Alpilles recouvrent lentement ce qui restait.

PériodeÉtape
1150-800 av. J.-C.Premières occupations attestées du site
Vers 270Saccage par les envahisseurs germaniques, abandon
1921Début des fouilles, sous Jules Formigé et Pierre de Brun
1941-1969Fouilles d’Henri Rolland
2008Achèvement de la restitution du forum
Dix-sept siècles entre l’abandon et la redécouverte.

Quatre archéologues, un siècle de fouilles

La ville n’est pas sortie de terre d’un coup. Les premières fouilles scientifiques débutent en 1921, dirigées par l’architecte des monuments historiques Jules Formigé. De 1921 à 1941, l’archéologue Pierre de Brun dégage les thermes, la basilique et les maisons de la partie nord. De 1928 à 1933, Henri Rolland travaille sur le sanctuaire de l’âge du fer, au sud, avant de reprendre l’ensemble du chantier de 1942 à 1969.

Bien avant eux, des fouilles avaient déjà été menées autour des Antiques, dès les XVIe et XVIIe siècles : elles livrèrent des sculptures et des monnaies. Le roi Charles IX, de passage, avait fait nettoyer et entretenir les abords des deux monuments. Au XIXe siècle, le marquis de Lagoy fouilla à son tour le secteur. Personne, alors, ne soupçonnait qu’une ville entière dormait à côté.

Ce que la fouille a révélé

Les archéologues ne sont plus présents en permanence sur le site : ils y reviennent ponctuellement. Les dernières campagnes ont préparé la restitution du forum, achevée en 2008. Les Antiques, restés en place, forment avec la ville dégagée un ensemble monumental rare : un arc et un cénotaphe intacts à quelques mètres d’une cité entièrement fouillée.

Glanum raconte le sort ordinaire des villes antiques de Gaule : elles n’ont pas été détruites une fois pour toutes, elles ont servi de carrière, puis se sont effacées sous les sédiments. Comme à la villa de Montmaurin, c’est le hasard des travaux et la patience des fouilleurs qui les ont fait ressortir.

À voir autour

Pour aller plus loin : Le dossier La France vue du ciel et la rubrique Archéologie.

Sources : notice de Glanum, Wikipédia en français.

Questions fréquentes

Pourquoi Glanum a-t-elle disparu ?

Saccagée par les envahisseurs germaniques vers 270, la ville est abandonnée. Ses pierres servent à construire ce qui deviendra Saint-Rémy-de-Provence, et les vestiges disparaissent peu à peu sous les alluvions descendues des Alpilles.

Que sont « Les Antiques » de Saint-Rémy ?

Le cénotaphe des Julii, souvent appelé à tort mausolée, et l'arc de triomphe voisin. Restés debout depuis l'Antiquité, ils étaient célèbres bien avant la redécouverte de la ville elle-même.

Quand les fouilles ont-elles commencé ?

En 1921, sous la conduite de Jules Formigé et Pierre de Brun, puis d'Henri Rolland de 1941 à 1969. Les dernières fouilles ont préparé la restitution du forum, achevée en 2008.

Qui a fondé Glanum ?

Le peuple des Glaniques, qui appartenait à la confédération des Salyens. Les plus anciennes occupations du site remontent à l'âge du bronze final. La cité était vouée au dieu guérisseur gaulois Glan.

Pourquoi la ville s'est-elle développée à cet endroit ?

Pour une source sacrée, à l'entrée d'un défilé rocheux, et pour la proximité de la voie Domitienne, au carrefour de deux routes antiques reliant l'Italie à l'Hispanie.
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