Le glacier des Oulettes de Gaube occupait 13 hectares en 2011. À la fin de l’été 2023, il n’en couvrait plus que 5,5.
Ces deux valeurs viennent du même tableau. Il figure dans le supplément d’une étude parue en 2024 dans Regional Environmental Change.
L’inventaire est signé par Eñaut Izagirre et neuf coauteurs. Six des dix auteurs sont à l’Institut pyrénéen d’écologie du CSIC. Les autres sont au CESBIO de Toulouse et dans deux universités espagnoles. Il mesure les glaciers des Pyrénées par photogrammétrie par drone.
Ce glacier porte un nom qu’il faut dire précisément. Ce n’est pas le glacier d’Ossoue, qui s’écoule vers l’est, de l’autre côté du Vignemale.
Treize hectares de glace en 2011, cinq et demi douze ans plus tard.
Ce que le tableau de 2024 mesure au-dessus du lac de Gaube
Le tableau du glacier des Oulettes de Gaube donne 13,0 hectares en 2011 et 9,3 en 2020. Il ne donne plus de total ensuite, le glacier ayant été compté en deux corps.
En 2022, il porte 3,7 hectares pour la partie basse et 3,0 pour la haute. En 2023, il porte 2,6 et 2,9.
Le total de 5,5 hectares pour 2023 est notre addition. Nous l’avons contrôlée sur une autre colonne du même tableau.
Les auteurs y affichent une perte de 13,6 pour cent par an entre 2020 et 2023. Notre total rend exactement ce rythme.
La perte sur douze ans atteint 7,5 hectares, soit 57,7 pour cent de la surface de 2011. Cette soustraction est la nôtre.
L’épaisseur a reculé de 5,5 mètres entre 2020 et 2023, écrivent les auteurs. La seule année 2022-2023 en a emporté 2,8.
Deux voies de mesure, et un glacier difficile à voir
L’association Moraine relève le glacier des Oulettes de Gaube sur le terrain. Ses chiffres donnent 13 hectares en 2009 et en 2012, puis 11 en 2015 et en 2016.
Ces relevés ont été publiés par Simon Gascoin et Pierre René, dans la revue Pirineos, en 2018. Les auteurs y expliquent pourquoi le satellite ne suffit pas ici.
L’éclairement de l’image est insuffisant sur ce versant nord. La partie basse du glacier est couverte de débris, donc difficile à cartographier.
Les deux publications ne sont pas entièrement étanches. Simon Gascoin cosigne l’étude de 2024 et celle de 2018, et nous le signalons.
Une troisième source conforte sans recopier. Le portail Criosfera, de l’Observatoire pyrénéen du changement climatique, décrit deux langues dès les années 1990.
Ce même portail en fait le glacier le plus rapide des Pyrénées, dans la légende d’une photographie de 2017. La vitesse de plus de 50 mètres par an vient d’ailleurs. Elle a été estimée par des caméras automatiques de l’association Moraine, citées en 2018.
Nos propres mesures sur le lac de Gaube
Nous avons calculé la surface du lac sur le polygone de la BD TOPO de l’IGN. Elle ressort à 18,66 hectares, soit 186 621 mètres carrés.
Son contour compte 219 sommets. Le lac de Gaube mesure 775 mètres du nord au sud et 331 mètres d’est en ouest.
Le service altimétrique de l’IGN donne 1 723,98 mètres pour le plan d’eau. Les quatre points que nous avons interrogés rendent la même valeur.
Nous n’avons trouvé aucune bathymétrie publiée par une institution. Les profondeurs qui circulent viennent de sites de randonnée, et nous ne les reprenons pas.
Nous ne donnons pas non plus l’altitude du Vignemale. Le modèle de l’IGN ne reproduit pas la valeur universellement citée, et nous n’avons pas pu l’établir ailleurs.
Sources : Eñaut Izagirre et neuf coauteurs, dont six à l’Institut pyrénéen d’écologie du CSIC, Pyrenean glaciers are disappearing fast, Regional Environmental Change, volume 24, article 172, 2024, tableau 3 du supplément en ligne que nous avons lu, pour les 13,0 hectares de 2011, les 9,3 de 2020, les deux corps de 2022 et de 2023, les taux de perte de 3,2 puis 13,6 pour cent par an et les reculs d’épaisseur ; Simon Gascoin et Pierre René, Pirineos numéro 173, 2018, pour les relevés de terrain de l’association Moraine de 2009 à 2016, pour l’éclairement insuffisant de l’image et la couverture de débris, et pour la vitesse d’écoulement estimée à plus de 50 mètres par an ; Renaud Marti et onze coauteurs, The Cryosphere, volume 9, 2015, pour les 0,13 kilomètre carré de 2011 et pour la séparation des deux glaciers du versant nord ; portail Criosfera de l’Observatoire pyrénéen du changement climatique, fiche Oulettes de Gaube, pour les deux langues apparues dans les années 1990 et pour le glacier le plus rapide de la chaîne ; nos propres mesures sur la BD TOPO de l’IGN, objet PLANDEAU0000002000783960, aire sphérique et haversine au rayon de 6 371,0088 kilomètres, et sur le service altimétrique ign_rge_alti_wld. Ne sont pas établis : la profondeur du lac, aucune bathymétrie institutionnelle n’ayant été trouvée ; l’altitude du Vignemale, que le modèle altimétrique de l’IGN ne reproduit pas ; l’âge du lac, les datations annoncées en cours en 2022 n’ayant pas de publication trouvée dans l’archive ouverte HAL ; et la part du glacier dans l’alimentation du lac, qu’aucune mesure publiée ne chiffre.

