Au Vieil-Évreux, Gisacum couvrait deux cent trente hectares et ne livre à la visite que ses thermes

Les thermes gallo-romains de Gisacum, au Vieil-Évreux, et leur centre d'interprétation
Les thermes gallo-romains de Gisacum, au Vieil-Évreux. Ce sont le seul monument du site aménagé pour la visite, le théâtre et le grand sanctuaire ne l'étant pas. Photo : Urban, Public domain, via Wikimedia Commons.

Gisacum, la ville antique du Vieil-Évreux, couvrait environ deux cent trente hectares. Seuls ses thermes sont aujourd’hui aménagés pour la visite.

Ce chiffre de 230 hectares vient d’une notice de la revue ADLFI. Elle a été mise en ligne le 1er mars 2004 et signée par Laurent Guyard avec Sandrine Bertaudière.

Une autre valeur circule tout autant, 250 hectares. Le département de l’Eure publie les deux, selon la page que l’on ouvre.

Les premières recherches remontent à 1801, avec François Rever. De 1800 à 1976, seules les fouilles alimentaient les données.

Deux cent trente hectares de ville antique, et un seul monument ouvert.

Ce que la prospection aérienne a montré de Gisacum

De 1976 à 1994, la prospection aérienne a donné une maîtrise sans précédent de l’organisation globale de la ville-sanctuaire. La phrase est de Michel Dabas, Laurent Guyard et Thierry Lepert.

Leur article a paru en 2005 dans les Dossiers d’Archéologie. Nous l’avons lu sur l’archive ouverte HAL.

L’habitat de Gisacum forme une bande hexagonale, rejetée à la périphérie du centre monumental. Elle mesure une centaine de mètres de largeur et 5 600 mètres de périmètre.

Ces deux publications ne sont pas indépendantes l’une de l’autre. Laurent Guyard signe les deux. Il était responsable de la Mission archéologique départementale de l’Eure, propriétaire du site.

Nous n’avons trouvé aucune mesure de ce périmètre publiée sans lui. Nous le signalons plutôt que de compter trois reprises comme trois sources.

Une seule notice de monument historique sur la commune

Nous avons interrogé l’export national des immeubles protégés. Ce fichier du ministère de la Culture compte 46 761 notices.

Pour la commune du Vieil-Évreux, il rend une notice unique. Nous l’avons obtenue par deux voies, le nom et le code Insee.

C’est le fanum de Cracouville, classé par arrêté du 29 juin 1951. Le mot Gisacum est absent des 46 761 notices.

Cette limite doit être dite. L’export ne recense que les immeubles protégés au titre des monuments historiques.

Les vestiges archéologiques relèvent par ailleurs du code du patrimoine. Leur absence de cet export ne signifie donc pas qu’ils soient sans protection.

  • Agglomération, 230 hectares dans la notice ADLFI de 2004, 250 dans les Dossiers d’Archéologie de 2005. Même signataire.
  • Théâtre, 103 mètres de diamètre dans la notice ADLFI. 106 sur le site du département et dans les Dossiers d’Archéologie.
  • Capacité du théâtre, sept mille cinq cents places dans la notice ADLFI. Au moins sept mille sur le site du département.
  • Grand sanctuaire, au moins six hectares dans la notice ADLFI. Le temple atteindrait huit hectares si le portique retrouvé ferme une avant-cour.

Ce que l’on peut voir de Gisacum aujourd’hui

Le département de l’Eure a acheté des terrains dès 1837 pour préserver les vestiges. Il décide en 1994 de valoriser les thermes en jardin archéologique.

Les thermes sont le seul monument aménagé et accessible. Leur emprise tient dans un rectangle de 116 mètres sur 109.

Le théâtre est moins bien connu, et il n’est pas ouvert. Des plans anciens et la prospection géophysique en donnent le dessin.

Une campagne de fouilles de 2010 a permis de mieux identifier ses trois phases de construction. Le monument n’est donc pas resté sans fouille.

Depuis 2002, un troupeau de moutons solognots entretient les réserves archéologiques. Un diagnostic écologique y a recensé 215 plantes et 40 oiseaux.

Pourquoi les chiffres de Gisacum restent des estimations

Les surfaces examinées restent faibles devant l’échelle du site. 8,5 hectares ont été prospectés à la main entre 1996 et 1999.

La géophysique couvrait plus de 13 hectares au total depuis 1996, à la date de cet article de 2005. Rapportés aux 230 hectares estimés, ils en représentent un peu plus de 5 pour cent.

Ce rapport est notre calcul, et il explique la prudence des auteurs. La méthode a surtout un coût en temps.

Il faut acquérir 40 000 points de mesure pour couvrir un hectare à mailles de cinquante centimètres. Sur un édifice précis, l’image à un mètre a demandé trois jours.

Celle à cinquante centimètres en a demandé plus de dix. Un dernier rapprochement est le nôtre, les 230 hectares antiques valant un peu moins d’un cinquième de la commune actuelle.

Sources : notice ADLFI du ministère de la Culture, Le Vieil-Évreux, Les Terres Noires, mise en ligne le 1er mars 2004, responsable d’opération Laurent Guyard avec Sandrine Bertaudière, pour les 230 hectares, le polygone irrégulier d’une centaine de mètres de largeur et 5 600 mètres de périmètre, le rasement sous Trajan, le diamètre de 103 mètres et la capacité de sept mille cinq cents places du théâtre, les six hectares du sanctuaire et le rectangle de 116 mètres sur 109 des thermes ; Michel Dabas, Laurent Guyard et Thierry Lepert, Dossiers d’Archéologie numéro 308, 2005, lu sur l’archive ouverte HAL, pour la phrase sur la prospection aérienne de 1976 à 1994, les 250 hectares, les 8,5 hectares prospectés à la main entre 1996 et 1999, les plus de 13 hectares de géophysique, les 40 000 points de mesure par hectare et les délais d’acquisition ; export national des immeubles protégés, 46 761 notices, pour la notice unique PA00099625 du fanum de Cracouville classé le 29 juin 1951, et pour l’absence du mot Gisacum ; département de l’Eure, pages du site de Gisacum et dossier pédagogique, pour l’achat de terrains dès 1837, la décision de 1994, la campagne de fouilles de 2010, le pâturage ovin depuis 2002 et le diagnostic écologique ; geo.api.gouv.fr pour la surface communale. Ne sont pas établis : la superficie de l’agglomération, 230 ou 250 hectares sans arbitrage publié ; le diamètre du théâtre, 102, 103 ou 106 mètres ; la surface du grand sanctuaire ; et la date à laquelle le plan de la ville a été obtenu, un document du département créditant la sécheresse de 1976 quand les Dossiers d’Archéologie placent l’aboutissement en 1994.

Questions fréquentes

Quelle était la superficie de Gisacum ?

Deux cent trente hectares dans une notice de la revue ADLFI, mise en ligne le 1er mars 2004 et signée Laurent Guyard avec Sandrine Bertaudière. Deux cent cinquante hectares dans les Dossiers d'Archéologie de 2005, signés du même archéologue. Aucun de ces documents ne dit laquelle de ces valeurs remplace l'autre, ni sur quelle base la surface est délimitée. Ce sont des estimations archéologiques et non des mesures de terrain complètes. Aucun de ces documents ne dit laquelle de ces valeurs remplace l'autre, ni sur quelle base la surface est délimitée. Ce sont des estimations archéologiques et non des mesures de terrain complètes.

Que peut-on visiter sur le site aujourd'hui ?

Les thermes, aménagés en jardin archéologique, et un centre d'interprétation. Le département de l'Eure, propriétaire des lieux, a décidé cette valorisation en 1994 et mené plusieurs campagnes de fouilles entre 1996 et 2000. Le théâtre et le grand sanctuaire ne sont pas ouverts à la visite, même si des vestiges restent visibles dans le village.

Les vestiges de Gisacum sont-ils classés monuments historiques ?

Nous avons interrogé l'export national des immeubles protégés, un fichier du ministère de la Culture qui compte 46 761 notices. Il rend une notice unique pour la commune, le fanum de Cracouville, classé par arrêté du 29 juin 1951. Le mot Gisacum n'y figure nulle part. Cette absence établit qu'il n'y a pas d'autre notice de monument historique, pas que les vestiges soient sans protection, car ils relèvent aussi du code du patrimoine.
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