Une écurie sous la cour en 2025, les sols et la grille en 2026 : l’hôtel Henri Menier, près du parc Monceau

L'hôtel Henri Menier, rue Alfred-de-Vigny à Paris, derrière sa grille
L'hôtel Henri Menier, au 8 rue Alfred-de-Vigny. L'arrêté du 22 juin 2026 inscrit les sols de la parcelle, y compris les murs et la grille qui les délimitent. Photo : CVB, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le 22 juin 2026, le préfet de la région d’Île-de-France a inscrit au titre des monuments historiques deux parties de l’hôtel Henri Menier, au 8 rue Alfred-de-Vigny, dans le huitième arrondissement de Paris : le bâtiment entre cour et jardin, en totalité, et les sols de la parcelle, y compris les murs et la grille qui les délimitent. La parcelle fait 906 mètres carrés.

Un an plus tôt, le 11 juin 2025, un premier arrêté avait inscrit d’autres parties : les façades et toitures du bâtiment sur rue, y compris le passage couvert, la loge du concierge au rez-de-chaussée, l’aile latérale en totalité, et l’ancienne écurie située sous la cour. L’acte de 2026 ne lui succède pas, il le complète, comme le dit son article 2 : il ajoute un bâtiment entier, le plus grand des deux de la parcelle, et le sol autour.

La grille qui ferme la parcelle est elle-même inscrite, nommément, par l’arrêté.

Deux arrêtés, et un avis de 2023

Nous avons lu l’acte de 2026 en entier, dans le recueil de la préfecture de région. Il ne vise qu’un seul avis de commission régionale, celui du 5 décembre 2023, soit neuf cent trente jours plus tôt. Nous ne savons pas sur quel avis reposait l’acte de 2025, pris cinq cent cinquante-quatre jours après celui-là : son texte ne le dit pas et nous ne l’avons pas lu.

Un détail du document mérite d’être signalé : la mention imprimée ARRÊTÉ N° est suivie d’un blanc, alors que le même acte cite un numéro pour celui de 2025. Son seul identifiant est celui qu’il porte au recueil.

Nous n’avons pas lu l’acte de 2025 : nous en connaissons la date et les parties inscrites par le visa de 2026 et par la liste annuelle du Journal officiel, deux publications du même texte. Son considérant et son signataire ne sont pas établis.

Neuf cent six mètres carrés, dont un tiers n’est pas bâti

La contenance de 906 mètres carrés est écrite dans l’article premier, et le plan cadastral donne le même chiffre, ce qui n’est pas un recoupement : l’IGN republie le cadastre dont l’acte tire sa valeur. Notre calcul sur le contour, par deux méthodes, donne 905 et 906 mètres carrés.

Reste à savoir ce que recouvre ce terrain. Nous l’avons mesuré dans la base topographique de l’État : les deux bâtiments de la parcelle en couvrent 600 mètres carrés, soit un peu moins des deux tiers. Le reste, environ 306 mètres carrés, est la cour et le jardin confondus. Précision qui évite un contresens : les 906 mètres carrés sont la parcelle entière, pas une cour de 906 mètres carrés.

Seize mètres de limite commune avec le parc Monceau

Voici la mesure la plus parlante du dossier, et elle est de nous. Nous avons comparé le contour cadastral de la parcelle de l’hôtel à celui du parc Monceau, qui fait 82 473 mètres carrés. Trois de leurs sommets coïncident au centimètre, et les deux segments qui les joignent mesurent 4,60 et 11,40 mètres. Les deux parcelles sont donc mitoyennes sur exactement seize mètres. L’arrêté inscrit les murs et la grille qui délimitent les sols, sans dire où ils courent : c’est la limite elle-même que nous mesurons, pas un ouvrage que l’acte situerait.

Une mitoyenneté cadastrale n’est pas une vue, et nous n’écrivons pas que l’hôtel donne sur le parc. La notice du ministère parle d’un corps postérieur entre cour et parc, et de pièces de réception donnant sur le parc, sans dire lequel.

Ce que l’État appelle rare, et que nous n’avons pas recompté

Le considérant décrit un édifice construit entre 1884 et 1887 par l’architecte Henri Parent, et avance deux raretés : ce serait l’un des rares hôtels de cette importance dont le style se rattache à la première Renaissance française, et ses bâtiments sur cour offriraient un exemple peu fréquent à Paris d’élévation en pan-de-bois et en brique. Ces appréciations sont celles de l’administration, et nous ne pouvions pas les vérifier : l’export ne comporte aucun champ de style.

Du même architecte, le musée Jacquemart-André est à cinq cents mètres environ. L’hôtel est de propriété privée et en copropriété : le bâtiment entre cour et jardin correspond à vingt et un lots, et les sols appartiennent aux copropriétaires.

Sources : arrêté du 22 juin 2026 du préfet de la région d’Île-de-France, acte IDF-2026-06-22-00008, lu en entier dans le recueil spécial IDF-070-2026-06, pour l’article premier, l’article 2 complétant l’acte de 2025, le visa du 5 décembre 2023 et le considérant ; liste des immeubles protégés en 2025, Journal officiel du 23 juin 2026, pour le dispositif de l’arrêté du 11 juin 2025, non lu lui-même ; notice PA75080015 du ministère de la Culture, qui déclare reprendre les termes de l’arrêté et n’est donc pas une source indépendante de lui ; service du plan cadastral de l’IGN, qui republie le cadastre de la direction générale des finances publiques et ne constitue donc pas une confirmation indépendante des contenances que l’acte tire du même cadastre, pour les références des parcelles CO 22 et CN 2, et base topographique de l’IGN, l’aire, l’emprise bâtie de 600 mètres carrés et les seize mètres de limite commune étant nos propres calculs. Ne sont pas établis : les deux raretés du considérant, l’export ne portant aucun champ de style ; une vue sur le parc Monceau, que la mitoyenneté ne prouve pas ; le considérant et le signataire de l’arrêté de 2025 ; l’usage actuel du bâtiment. La propriété est privée : nous ne reprenons ni l’état civil des propriétaires, ni les actes notariés, ni les noms que l’arrêté cite.

Questions fréquentes

Que protège l'arrêté du 22 juin 2026 ?

Deux choses, selon les termes de son article premier : le bâtiment entre cour et jardin, en totalité, et les sols de la parcelle, y compris les murs et la grille qui les délimitent. C'est une inscription, pas un classement. Son article 2 précise qu'il complète celui du 11 juin 2025 sans le remplacer.

Pourquoi inscrire un sol et une grille ?

L'arrêté ne l'explique pas, et nous ne l'inventons pas. Ce qu'on peut constater, c'est l'effet : après deux actes, la protection couvre des façades et des toitures sur rue, une aile et une écurie, puis un bâtiment entier et le sol de toute la parcelle avec ce qui le délimite. Le terrain lui-même est devenu un objet protégé, et pas seulement son bâti.

L'hôtel donne-t-il sur le parc Monceau ?

Nous ne l'avons pas établi et nous ne l'écrivons pas. Ce que nous avons mesuré est différent et vérifiable : les deux parcelles sont mitoyennes sur seize mètres. La notice du ministère parle bien d'un corps postérieur entre cour et parc et de pièces de réception donnant sur le parc, sans préciser lequel.
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