Lisa Caliste, de l’Inventaire général, a consacré une étude aux draperies de Lodève, Clermont-l’Hérault et Bédarieux. Elle y date la première maison de la fin des années 1830, et non de la fin du siècle.
Son article a paru en 2016 dans la revue Patrimoines du Sud. Nous l’avons lu en entier, cinquante-deux pages.
La même année, la maison Donnadille était inscrite en totalité au titre des monuments historiques. L’arrêté date du 23 décembre 2016.
Le 18 juin 2026, elle a été classée, ce qui est la protection la plus forte. Mais le classement ne nomme qu’une liste de parties.
Protégée en totalité depuis 2016, classée seulement par parties depuis 2026.
Ce que le classement de 2026 nomme dans la maison Donnadille
La liste figure au champ de précision de la notice officielle. Elle porte les façades et toitures, le rez-de-chaussée et le premier étage.
Elle ajoute l’escalier d’honneur et sa cage. Elle ajoute encore tous les éléments immeubles par nature conçus par l’architecte, et le jardin.
Rien ne perd pourtant sa protection, et c’est la notice qui le dit. Son champ d’observations donne l’effet exact de l’acte.
Le classement se substitue à l’inscription pour les seules parties classées. Tout le reste de la maison demeure inscrit au titre de 2016.
Nous avons cherché dans les trente champs renseignés de la notice les racines annul, radi, abrog et retir. Aucune n’y apparaît.
Trois cas sur 46 761 notices, et une rareté à ne pas surjouer
Nous avons cherché d’autres maisons Donnadille dans l’export national des immeubles protégés. Il compte 46 761 notices.
Trois notices seulement portent la même figure que la maison Donnadille. Une inscription en totalité, puis un classement postérieur limité à des parties énumérées.
Les deux autres sont dans le quinzième arrondissement de Paris et à Villeneuve-lès-Avignon. Cela fait 0,0064 pour cent du corpus.
Une précaution s’impose ici, car le classement partiel seul n’a rien de rare. Quatre mille neuf cent soixante-six notices portent la mention classé partiellement.
Cela représente 10,62 pour cent du fichier. Ce qui est rare, c’est l’enchaînement des deux actes dans cet ordre.
Bédarieux compte trois notices protégées en tout, dont celle de la maison Donnadille. Le classement de 2026 y est le premier depuis le 9 mars 1989.
Ce que les travaux de 1892 ont changé aux deux niveaux classés
Lisa Caliste raconte une transformation précise. En 1892, Pierre Donnadille s’adresse à l’agence Carlier pour modifier les appartements.
Après ces travaux, le rez-de-chaussée reçoit les pièces de service. Le premier étage reçoit les appartements.
Les deuxième et troisième étages servent alors de magasins pour les laines teintes et les draps. Les deux niveaux que l’arrêté classe sont donc ceux de cette nouvelle répartition.
Ce rapprochement est le nôtre, et nous le posons comme tel. Aucun document que nous ayons lu ne donne les motifs du périmètre retenu en 2026.
Un désaccord demeure sur l’auteur du bâtiment. La notice l’attribue à Léopold Carlier, à la fin du dix-neuvième siècle.
Lisa Caliste décrit de son côté une maison des années 1830, reconstruite vers 1870. Nous ne tranchons pas, et nous n’écrivons pas que Carlier a construit la maison.
Un dernier chiffre dit bien d’où vient cette maison. Sur les 46 761 notices de l’export, une seule parle de ballots de laine dans son historique, et c’est celle-ci.
Sources : export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques, 46 761 notices, notice PA34000113, pour l’inscription du 23 décembre 2016, le classement du 18 juin 2026 et sa liste complète, la phrase du champ d’observations sur la substitution, et pour nos décomptes sur les trois notices portant la figure complète, les 4 966 classements partiels, les 573 mentions de se substitue et l’unique mention de ballots de laine ; Lisa Caliste, Inventaire général, Faire des draps à Lodève, Clermont-l’Hérault et Bédarieux, Patrimoines du Sud numéro 3, 2016, pages 48 à 99, lue en entier par nos soins, pour l’achat des ateliers en 1834, la première maison de la fin des années 1830, la reconstruction vers 1870, et pour la page 82 qui décrit l’intervention de l’agence Carlier en 1892 et la répartition des niveaux qui s’ensuit ; geo.api.gouv.fr pour les 5 804 habitants et les 2 813,28 hectares de la commune ; service altimétrique de l’Institut géographique national pour les 198,65 mètres relevés au point de la notice. Ne sont pas établis : le texte de l’arrêté du 18 juin 2026, que la notice déclare consultable sur place seulement ; la signification du rouge et du rose sur le plan annexé, que le champ de précision de cette notice ne donne pas, quand d’autres arrêtés du corpus la donnent ; les motifs du périmètre retenu en 2026 ; et la date de construction de la maison, que deux sources situent différemment. La lettre du pays d’art et d’histoire, le carnet intercommunal et la fiche touristique portent la même phrase mot pour mot, dérivée du champ historique de la notice, et ne forment donc qu’une seule source.

