En 2014 le débit réservé du Vieux Rhône de l’île de la Platière a été multiplié par cinq à dix

Un ouvrage hydraulique et ses vannes, dans la réserve de l'île de la Platière
Un ouvrage hydraulique photographié dans la réserve naturelle de l'île de la Platière. Nous ne l'identifions pas au seuil de Peyraud, que l'article mentionne. Photo : Celeda, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Jusqu’en 2014, le Vieux Rhône de l’île de la Platière recevait 10 mètres cubes par seconde l’hiver. C’est environ un pour cent du débit moyen du Rhône mesuré à Ternay.

L’été, ce débit réservé montait à 20 mètres cubes par seconde. Le document d’objectifs du site Natura 2000 donne ces deux valeurs.

En 2014, un régime modulé les a remplacées. Il va de 50 à 125 mètres cubes par seconde selon la période de l’année.

L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse écrit que le débit a été multiplié par cinq à dix. Sa fiche de retour d’expérience date d’août 2018.

Un pour cent du fleuve l’hiver, avant que le régime ne change.

Ce que le changement de 2014 a modifié

Le Vieux Rhône est le bras court-circuité par le canal de dérivation. Nous avons mesuré ce canal sur la base topographique de l’IGN, 11 517 mètres.

Cette mesure confirme l’environ 11,5 kilomètres du document d’objectifs. L’écart d’altitude entre ses deux extrémités atteint 15,42 mètres.

C’est une différence d’altitudes de surface, et non la chute de l’ouvrage. Nous ne la présentons donc pas comme telle.

Une étude de janvier 2015, commandée par un syndicat mixte, détaille les paliers retenus. Ils s’établissent à 50, 75 puis 125 mètres cubes par seconde.

Le jour d’entrée en vigueur n’est écrit nulle part dans ce que nous avons lu. Nous écrivons donc en 2014, et pas une date au jour.

Ce que la réserve de la Platière couvre vraiment

Nous avons mesuré son périmètre sur la couche publiée par l’Institut géographique national. Il couvre 446,818 hectares, en deux parties.

La plus grande fait 403,798 hectares, la seconde 43,020. L’ensemble s’étire sur 7 616 mètres du nord au sud.

Sept communes et trois départements se partagent la Platière. Limony en porte 30 pour cent, Sablons 22, Salaise-sur-Sanne 19.

Ce décompte contredit un cahier des charges de la direction régionale de l’environnement, qui écrivait cinq communes en 2016. Nous rapportons les deux.

Les périmètres Natura 2000 sont encore d’autres objets, et il ne faut pas les confondre. La zone spéciale de conservation fait 937 hectares, la zone de protection spéciale 961.

Cinq surfaces pour une même réserve

La superficie de la réserve de la Platière prend cinq valeurs selon le document. Le plan de gestion écrit 483 hectares 30 ares 52 centiares d’après le décret.

La couche PatriNat servie par l’Institut géographique national annonce 485 hectares. Trois institutions écrivent de leur côté environ 500 hectares.

Le contour cartographique de 2008 valait 467 hectares 82 ares 6 centiares. Celui de la même couche, que nous avons mesuré, en fait 446,818.

Nous n’arbitrons pas, et nous ne le pourrions pas. Nous n’avons pas lu le texte du décret du 6 mars 1986.

Aucune de ces valeurs n’est par ailleurs la surface de l’île. La base topographique ne publie aucun polygone d’île sous ce nom.

Ce que mesure la station de Ternay

Le débit moyen du Rhône en amont de la Platière atteint 1 023,4 mètres cubes par seconde. Nous l’avons calculé sur 21 550 journées et cinquante-neuf années complètes.

Un second jeu du même service rend exactement la même valeur. La série s’arrête au 31 décembre 2024, et nous n’avons donc aucun chiffre pour 2025.

Découpée en deux fenêtres, la moyenne recule. Elle vaut 1 061,9 sur 1966-1995 et 983,6 sur 1996-2024, soit 7,4 pour cent de moins.

Les valeurs de ce service sont en litres par seconde. Deux de ses pages se contredisent sur le débit journalier minimal.

Nous ne reprenons donc aucune valeur de son tableau de synthèse. La station de Ternay est exploitée par la Compagnie nationale du Rhône, qui a aménagé le fleuve.

Ce qui reste hors de portée à la Platière

Le décret de création n’a pas pu être lu. Le service public de diffusion du droit n’en publie que l’intitulé.

Il renvoie au Journal officiel papier numérisé, un fichier de 33,9 mégaoctets. Nous ne l’avons pas téléchargé, le site nous opposant une vérification humaine.

Toutes les valeurs attribuées au décret sont donc de seconde main. Nous le disons plutôt que de les donner pour acquises.

L’inventaire national du patrimoine naturel a répondu par une erreur de serveur. Nous ne concluons rien de son silence.

Le plan de gestion postérieur à 2017 ne figure pas sur la page de téléchargement du gestionnaire. Nous y avons relevé cent vingt liens, et c’est une absence dans ce corpus précis.

Sources : document d’objectifs du site Natura 2000 de l’île de la Platière, mise à jour 2008, page 8, pour les 10 mètres cubes par seconde l’hiver et 20 l’été et pour les environ 11,5 kilomètres du canal ; fiche de retour d’expérience de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, août 2018, page 3, pour le débit multiplié par cinq à dix selon les périodes de l’année ; étude de janvier 2015 d’un bureau d’études pour un syndicat mixte, pour les paliers de 50, 75 et 125 mètres cubes par seconde ; plan de gestion de la réserve naturelle nationale, page 6 pour les 483 hectares 30 ares 52 centiares attribués au décret, page 9 pour le tableau des communes ; nos mesures sur les couches de l’Institut géographique national ; série journalière de la station de Ternay, service public de l’information sur l’eau, 21 550 journées et cinquante-neuf années complètes, pour le débit moyen de 1 023,4 mètres cubes par seconde. Le document d’objectifs, le plan de gestion et les pages du gestionnaire ne font qu’une source, de même que les deux documents de la direction régionale de l’environnement. Ne sont pas établis : le texte du décret du 6 mars 1986, que le service public de diffusion du droit ne publie pas ; la superficie exacte de la réserve, cinq valeurs circulant ; la surface de l’île elle-même, qu’aucune couche ne publie ; le jour d’entrée en vigueur du régime de 2014 ; et les débits de 2025 et 2026, la série s’arrêtant à la fin de 2024.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui a changé en 2014 sur le Vieux Rhône ?

Le débit réservé, c'est-à-dire le débit laissé dans le bras court-circuité par le canal de dérivation. Il valait 10 mètres cubes par seconde l'hiver et 20 l'été selon le document d'objectifs du site Natura 2000. Un régime modulé l'a remplacé, de 50 à 125 mètres cubes par seconde selon la période. Le jour d'entrée en vigueur n'étant écrit nulle part dans ce que nous avons lu, nous écrivons seulement en 2014.

Quelle est la superficie de la réserve naturelle ?

Elle prend cinq valeurs selon le document consulté, et nous ne tranchons pas. Le plan de gestion écrit 483 hectares 30 ares 52 centiares d'après le décret, la couche PatriNat servie par l'Institut géographique national annonce 485 hectares, trois institutions écrivent environ 500 hectares, le contour cartographique de 2008 valait 467 hectares 82 ares 6 centiares, et celui publié aujourd'hui, que nous avons mesuré, en fait 446,818.

Combien de communes la réserve couvre-t-elle ?

Sept, sur trois départements, d'après notre croisement avec le découpage administratif de l'Institut géographique national. Limony en porte 30,02 pour cent, Sablons 22,13, Salaise-sur-Sanne 18,95, Saint-Pierre-de-Bœuf 12,39, Le Péage-de-Roussillon 6,83, Serrières 5,34 et Saint-Maurice-l'Exil 4,33. Un cahier des charges de la direction régionale de l'environnement écrivait cinq communes en 2016.
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