Le glacier de la Girose n’a reculé que de soixante mètres, son jumeau de Mont-de-Lans de cinq cent quarante-sept

Le glacier de Mont-de-Lans et les sommets des Écrins
Le glacier de Mont-de-Lans, l'autre lobe de la calotte que l'article compare à la Girose. Cette vue ne montre pas le glacier de la Girose lui-même. Photo : Radek Kucharski from Warsaw, Poland, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Entre 1967 et 2009, le glacier de la Girose a reculé de soixante mètres. Son voisin de Mont-de-Lans, qui appartient à la même calotte, en a perdu cinq cent quarante-sept.

Les deux chiffres viennent d’un même tableau. Il figure dans la thèse de Marie Gardent, soutenue en 2014.

Nous avons lu ce tableau ligne par ligne, à sa page imprimée 256. Il porte vingt glaciers de plus de 2,5 kilomètres carrés.

La Girose y détient le plus faible recul exprimé en mètres. Elle n’est pourtant que troisième si l’on raisonne en pourcentage.

Deux lobes de la même calotte, et un recul neuf fois plus grand pour l’un.

Ce que le glacier de la Girose a perdu en surface

Une autre équipe a mesuré les surfaces et les bilans de masse. Antoine Rabatel, Jean-Pierre Dedieu et Christian Vincent ont publié leurs résultats en 2016.

Leur article a paru dans le Journal of Glaciology. Entre 1983 et 2014, la Girose a perdu 15 pour cent de sa surface.

Celle-ci valait 5,99 kilomètres carrés en 1985 et 1986. Le bilan de masse moyen s’établit à moins 0,59 mètre équivalent eau par an.

Ce bilan est l’un des deux moins négatifs des trente glaciers du tableau. L’autre est celui de Mont-de-Lans.

Les deux publications ne sont pas indépendantes, et nous le signalons. Antoine Rabatel et Jean-Pierre Dedieu cosignent avec Marie Gardent l’article d’inventaire tiré de sa thèse.

Une seule mesure vient d’une équipe distincte

Elle est ancienne et elle porte sur l’épaisseur. Guy Sénéchal et trois coauteurs ont sondé la glace au géoradar et à la sismique.

L’interface entre la glace et le socle apparaît vers quatre-vingt-dix mètres de profondeur. La sismique donne de quatre-vingt-dix à cent vingt mètres après traitement.

Nous n’avons lu que le résumé déposé par l’éditeur. La position du sondage sur le glacier nous est donc inconnue, et nous ne la devinons pas.

  • Emprise de 4,3612 kilomètres carrés sur la base topographique de l’IGN, dont 4,0433 sur la commune de La Grave.
  • Sur ce contour, l’altimétrie de l’IGN descend vers 2 730 mètres au nord. Elle monte au-dessus de 3 610 mètres au sud.
  • Écoulement vers le nord, du côté de La Grave, le torrent devenant le Rif de la Girose avant la Romanche.
  • Cette emprise n’est pas une mesure glaciologique de l’année, sa date de levé n’étant pas publiée.

Trois surfaces de la Girose qui ne mesurent pas la même chose

Trois valeurs circulent pour la Girose, et il ne faut pas les aligner. 5,99 kilomètres carrés pour 1985 et 1986, 5,08 dans l’annexe 4-2 de la même thèse, 4,3612 dans notre mesure.

Ces trois nombres ne portent ni sur la même date ni sur le même contour. Une autre valeur circule pour 2022, sans source nommée, et nous ne la reprenons pas.

L’altitude du dôme de la Lauze prend elle aussi quatre valeurs. Elles vont de 3 545 à 3 568 mètres selon le document consulté.

Nous n’attribuons surtout pas cet écart à l’amincissement de la glace. La date du modèle de terrain ne nous est pas connue.

Ce que les actes disent du troisième tronçon

Un troisième tronçon de téléphérique a été autorisé par un arrêté du maire du 3 avril 2023. Il relierait le col des Ruillans au dôme de la Lauze.

Nous avons mesuré 1 780 mètres en plan entre les deux gares prévues. Le jugement, lui, porte un linéaire de câbles de 1 831,30 mètres.

Un premier jugement du 11 février 2026 a rejeté le recours contre le permis. Un second, du 26 mai 2026, a prononcé une annulation partielle.

Elle ne porte que sur le gypaète barbu. Le tribunal enjoint au préfet, sous deux mois, de mettre en demeure l’exploitant de déposer une demande de dérogation.

Il lui enjoint aussi de lui ordonner de suspendre les travaux, sans astreinte. Aucun acte que nous ayons lu ne dit que le projet est abandonné ni qu’il est acquis.

Sources : Marie Gardent, thèse soutenue en 2014, tableau 3-41, page imprimée 256, lue ligne par ligne, pour les longueurs maximales du glacier de la Girose, 3 647 mètres à la fin du Petit Âge glaciaire, 3 073 mètres en 1967-1971 et 3 013 mètres en 2006-2009, pour les vingt glaciers du tableau et pour le recul de Mont-de-Lans ; même thèse, page imprimée 122, pour l’ensemble Mont-de-Lans/Girose décrit comme une petite calotte, et annexe 4-2 pour la surface de 5,08 kilomètres carrés ; Antoine Rabatel, Jean-Pierre Dedieu et Christian Vincent, Journal of Glaciology, volume 62 numéro 236, tableau 1 page imprimée 1154 et page imprimée 1161, pour la perte de 15 pour cent entre 1983 et 2014, la surface de 5,99 kilomètres carrés en 1985 et 1986 et le bilan de masse de moins 0,59 mètre équivalent eau par an ; ces deux publications partagent des signataires et ne font donc pas deux sources indépendantes ; G. Sénéchal, D. Rousset, A.-L. Salomé et J.-R. Grasso, Near Surface Geophysics, volume 1, pages 5 à 12, dont nous n’avons lu que le résumé déposé par l’éditeur, pour la profondeur du socle ; jugement numéro 2309057 du 26 mai 2026, huit pages lues en entier, pour l’arrêté du maire du 3 avril 2023, le linéaire de câbles et le dispositif de l’annulation partielle ; jugement numéro 2304984 du 11 février 2026 pour le rejet du recours contre le permis ; nos mesures sur la base topographique et le service altimétrique de l’Institut géographique national. Ne sont pas établis : la date de levé de l’emprise glaciaire, la base ne publiant que des dates de création et de modification ; la position du sondage géophysique ; l’altitude exacte du dôme de la Lauze, quatre valeurs circulant ; la surface du glacier en 2022 ; et l’état actuel des travaux. Les avis de l’autorité environnementale n’ont pas pu être lus, leurs serveurs ayant répondu par une erreur, et tout ce qui en est rapporté passe par les citations du jugement.

Questions fréquentes

De combien le glacier de la Girose a-t-il reculé ?

De soixante mètres entre les levés de 1967-1971 et ceux de 2006-2009, selon le tableau 3-41 de la thèse de Marie Gardent, soutenue en 2014. C'est le plus faible recul en mètres des vingt glaciers de ce tableau, mais seulement le troisième en pourcentage. Entre 1983 et 2014, sa surface a par ailleurs diminué de 15 pour cent selon un article paru en 2016 dans le Journal of Glaciology.

Quelle est l'épaisseur de la glace ?

Une seule équipe l'a sondée, et c'est la seule mesure dont les auteurs ne cosignent pas avec les précédents. Guy Sénéchal et trois coauteurs placent l'interface entre la glace et le socle vers quatre-vingt-dix mètres de profondeur au géoradar, et entre quatre-vingt-dix et cent vingt mètres à la sismique. Nous n'avons lu que le résumé déposé par l'éditeur, et la position du sondage sur le glacier nous est inconnue.

Où en est le projet de troisième tronçon du téléphérique ?

Nous nous en tenons aux actes. Un arrêté du maire du 3 avril 2023 a autorisé les travaux. Un jugement du 11 février 2026 a rejeté le recours contre le permis. Un second, du 26 mai 2026, a prononcé une annulation partielle portant sur le seul gypaète barbu, et enjoint au préfet de mettre en demeure l'exploitant de déposer une demande de dérogation. Aucun acte que nous ayons lu ne dit que le projet est abandonné, ni qu'il est acquis.
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