Deux jeunes aigles envolés en 2011, les premiers en France continentale depuis plus d’un siècle : l’étang de Lindre, en Moselle

L'étang de Lindre, ses roselières au premier plan et sa rive boisée au loin
L'étang de Lindre, en Moselle : six cent vingt hectares d'eau creusés au Moyen Âge pour élever des carpes. Photo : Marc Baronnet, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

En 2011, un couple de pygargues à queue blanche a mené deux jeunes à l’envol dans le secteur de l’étang de Lindre, en Moselle. Ce sont les premiers jeunes de l’espèce envolés en France continentale depuis plus d’un siècle.

Le nid, lui, n’a été localisé que l’année suivante, en 2012. Et personne ne dira où il est.

Ce n’est pas une négligence. Le plan régional d’actions de la direction régionale de l’environnement en donne la raison explicitement : il ne faut surtout pas localiser précisément les sites de nidification des espèces, pour éviter au maximum les dérangements. Aucun document public ne va plus loin que le secteur de l’étang.

Un rapace revenu seul, sur un étang creusé pour élever des carpes.

Ce que dit le plan national, mot pour mot

Le document de référence est le plan national d’actions en faveur du balbuzard pêcheur et du pygargue à queue blanche, rédigé par une association ornithologique pour le ministère chargé de l’écologie. Sa section sur la dynamique de population en France raconte toute l’histoire, et il faut la lire en entier pour ne pas se tromper de périmètre.

L’espèce a niché en France continentale jusqu’au dix-huitième siècle avec certitude, très probablement encore localement jusqu’à la fin du dix-neuvième, et jusqu’au milieu du vingtième siècle en Corse. Les derniers couples nichaient sur les étangs de la côte est de l’île au début des années 1950, puis l’espèce y a fini par s’éteindre définitivement moins d’une décennie plus tard.

Puis le retour, par étapes. Un premier couple apparié hivernant est observé sur les lacs de Champagne dès 1976 et 1977. Le premier estivage d’un couple a lieu en 2010, à l’étang de Lindre. En 2011, l’observation de deux juvéniles au mois d’août en Lorraine, puis la découverte du nid en 2012, confirment le retour spontané de l’espèce en France.

Et la phrase qui porte le titre : en 2011, le couple lorrain mène deux jeunes à l’envol, les premiers en France continentale depuis plus d’un siècle. Après deux années d’échec, ajoute le plan, le couple s’est reproduit avec succès jusqu’à aujourd’hui.

Pourquoi nous écrivons France continentale et pas France : parce que c’est le périmètre de la source, et que la nuance n’est pas cosmétique. La Corse a conservé des couples nicheurs jusqu’au début des années 1950, selon ce même plan national. Écrire les premiers en France depuis plus d’un siècle serait faux de soixante ans. Nous devons aussi signaler une limite d’indépendance. Le plan national est rédigé par la Ligue pour la protection des oiseaux. Le plan régional, lui, se cite sous le nom de Lorraine Association Nature et de la direction régionale, avec la coordination lorraine de la même ligue comme co-rédacteur, et l’un de ses cinq auteurs a siégé au comité de rédaction du plan national : les deux documents partagent des auteurs, mais ils ne sortent pas de la même association. Le second éditeur réellement distinct est la Région Grand Est, dont la plateforme pour la biodiversité présente le couple de l’étang de Lindre comme le premier couple de pygargues observé en France et écrit qu’il atteste du retour spontané de l’espèce. Elle ne reprend pas, en revanche, les deux jeunes à l’envol de 2011 : sur ce point précis, le plan national reste notre seule source.

Une fiche qui espérait, avant que cela n’arrive

Il y a dans ce dossier un document émouvant à relire, et dont il ne faut surtout pas se servir comme d’une preuve. C’est la fiche espèce publiée par la direction régionale de l’environnement, écrite avant 2012.

Elle note comme un fait sans précédent qu’un couple, dont la femelle est encore immature, séjourne dans le secteur de l’étang de Lindre depuis l’automne 2009, qu’il y a passé la saison de reproduction 2010, et que dans ces conditions une nidification locale est tout à fait imaginable à terme. Puis elle conclut : ce serait une grande première.

Cette fiche espère, elle n’atteste pas. C’est le plan national, postérieur, qui établit ce qui s’est passé. Nous la citons comme un état d’attente, pas comme une source du fait.

Les oiseaux ont tout de même été encouragés. Le plan national indique qu’en 2011 le domaine départemental a aménagé une placette de soutien alimentaire dans une partie inaccessible au public de l’étang, pour inciter le couple à s’installer aux abords et favoriser le cantonnement d’individus en hiver. Le dépôt de nourriture a commencé en novembre 2011. L’installation, elle, reste spontanée : aucun oiseau n’a été relâché.

Le département a bien mené une politique de lâcher sur ce site, mais pour une autre espèce, et il faut éviter un piège de lecture à ce sujet. Un avis du conseil scientifique régional du patrimoine naturel daté du 11 octobre 2012 rapporte, dans le résumé de la présentation faite devant lui par deux représentants du département, que depuis 1977 celui-ci assure une politique de réintroduction de la cigogne blanche à Lindre-Basse. Cette date de 1977 vise la politique cigogne, pas l’achat des étangs, qui est de 1976. Le même avis est favorable, à l’unanimité, au lâcher de trois jeunes cigognes encore élevées en volière, demandé en raison d’un risque de reproduction entre individus de la même famille et dans un contexte d’arrêt progressif de la démarche de réintroduction. Un avis de ce conseil n’autorise rien par lui-même : il est consulté par le préfet, qui délivre la dérogation. Et il ne porte que sur trois oiseaux, rien de plus.

Des prés salés à près de quatre cents kilomètres de la mer

Le Saulnois est le pays du sel, et l’étang de Lindre en porte la trace dans un endroit inattendu : l’annexe de l’arrêté qui désigne la zone spéciale de conservation. Cette annexe liste huit types d’habitats naturels justifiant la désignation du site, et elle ouvre sa liste par les prés salés intérieurs.

Suivent les eaux stagnantes à littorelles, les lacs eutrophes, les prairies maigres de fauche de basse altitude, les tourbières boisées, les forêts alluviales à aulnes et frênes, les hêtraies et les chênaies-charmaies. Onze espèces de faune et de flore y figurent également, dont le triton crêté, le sonneur à ventre jaune et le cuivré des marais.

Trois de ces huit habitats portent, dans l’annexe, l’astérisque réservé aux habitats dont la protection est prioritaire au sens de la directive européenne : les prés salés intérieurs, les tourbières boisées et les forêts alluviales à aulnes et frênes. Le dossier de la direction régionale sur le site le confirme pour les deux premiers, et ne donne que trois hectares et demi de prés salés continentaux.

Ces prés salés continentaux poussent sur les mêmes marnes du Keuper qui font la richesse salée du pays, et la direction régionale les situe sur la commune de Lindre-Basse mais aussi tout au long de la haute vallée de la Seille. C’est le fil qui relie l’oiseau au sel : un rapace pêcheur installé sur un étang médiéval, au milieu d’une flore de bord de mer poussant à des centaines de kilomètres de toute côte.

Trois périmètres, trois listes de communes

Le site porte plusieurs protections superposées, et aucune n’a exactement les mêmes limites.

ProtectionDateÉtendue et communes
site inscrit au titre de la convention de Ramsar, n° 12672 février 20035 300 hectares
zone de protection spéciale FR4112002arrêté du 21 août 2003onze communes de Moselle nommées, dont Dieuze et Guéblange-lès-Dieuze mais pas Lindre-Basse
zone spéciale de conservation FR4100219arrêté du 23 septembre 2016quatorze communes dans le projet d’arrêté, qui ajoute Lindre-Basse, Loudrefing et Rorbach-lès-Dieuze
le site Natura 2000 tel que la direction régionale le décritsous les deux références5 308 hectares, onze communes, mais pas les mêmes : Lindre-Basse et Rorbach-lès-Dieuze y sont, Dieuze et Guéblange-lès-Dieuze non
espace naturel sensible du département2004le site figure aussi en zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique et en zone importante pour la conservation des oiseaux
Trois listes de communes, trois périmètres, trois dates. Aucune ne corrige les autres : la troisième précise d’ailleurs qu’il s’agit des villages ayant une partie de leur ban communal sur le site.

Une précision de vocabulaire : l’inscription sur la liste de Ramsar n’est pas un classement de droit interne. C’est un engagement international, et nous écrivons donc inscrit sur la liste de la convention, et non classé.

Nous devons aussi dire que nous n’avons pas lu l’arrêté du 23 septembre 2016 dans sa version publiée au Journal officiel. Nous avons lu le projet mis en consultation publique et son annexe, sur le portail du ministère, et la date de l’arrêté nous est donnée par la base Ecolex, qui reprend une fiche de la base FAOLEX. Pour l’arrêté du 21 août 2003, le site officiel refusant la lecture directe, nous avons dû passer par un convertisseur.

Six surfaces, et trois superlatifs qui ne mesurent pas la même chose

Il circule pour ce lieu une demi-douzaine de chiffres, et c’est le genre de cas où la précision du périmètre fait toute la différence.

  • Six cent vingt hectares pour l’étang lui-même, selon la direction régionale de l’environnement et le plan régional d’actions. Six cent vingt-deux hectares pour le même étang, selon l’agence de l’eau en 2006. Aucune des deux sources ne dit comment elle mesure.
  • Neuf cent vingt hectares pour l’ensemble des eaux libres du site Natura 2000.
  • Environ huit cents hectares d’étangs et de roselières, dont près de six cent quatre-vingt-dix en eau, soit quinze pour cent du site, selon la fiche descriptive de 2002.
  • Près de mille hectares, dont plus de huit cents de plan d’eau, pour la gestion directe du domaine départemental, selon la fiche de synthèse de 2018.
  • Quatre cent vingt hectares pour le massif forestier inséré entre les deux grands bras de l’étang.
  • Sept cents hectares pour l’étang du Stock, qui est donc plus grand que celui de Lindre.

Cette dernière ligne règle la seule question de la surface du plan d’eau, et c’est la direction régionale elle-même qui l’écrit, sans détour : même s’il n’est qu’un des grands plans d’eau de l’est mosellan, et pas le plus grand, car il est devancé par l’étang du Stock et ses sept cents hectares, l’étang de Lindre est celui qui possède la plus grande diversité d’oiseaux.

Le département présente pourtant, dans sa brochure, un domaine de près de mille hectares et de treize étangs piscicoles reconnu comme le plus grand étang piscicole de France, et l’agence de l’eau écrit le plus grand des étangs piscicoles à carpe de France. Les trois formules ne portent pas sur le même objet : la surface d’un plan d’eau, la surface d’un étang à vocation piscicole, et la production. Nous les donnons donc toutes les trois avec leur périmètre, plutôt que d’en choisir une.

Sur la production, justement, la fiche descriptive de 2002 donne entre quatre-vingts et cent quarante tonnes par an et présente le domaine comme une des plus grandes exploitations piscicoles de France par sa production. La fiche de 2018 décrit une gestion piscicole extensive labellisée en agriculture biologique, et une fête biennale de la grande pêche, pêche traditionnelle au filet suivie du tri du poisson.

Nous ne pouvons pas pour autant écrire que l’étang est vidé chaque automne. La direction régionale parle bien de la vidange automnale des étangs du pays, et les sources officielles attestent l’existence de la vidange, des fossés de pêche, de l’assec et de cette fête biennale, mais aucun document du département ou de la préfecture que nous avons lu, brochure du domaine comprise, ne fixe de rythme annuel daté pour l’étang de Lindre.

Un étang du Moyen Âge, et une réserve naturelle qui n’a jamais vu le jour

L’âge du lieu est le troisième désaccord du dossier, et une seule des deux sources signale son incertitude. La direction régionale écrit que l’origine de l’étang remonte au haut Moyen Âge, qu’il a probablement été créé au dixième siècle par les moines d’une abbaye voisine, et que son existence est mentionnée dès l’année 1263. Elle ajoute une remarque qui vaut tout un paragraphe : c’est cette ancienneté même qui est à l’origine de sa grande naturalité.

L’agence de l’eau écrit de son côté, sans réserve, que l’étang a été créé au treizième siècle. Trois siècles séparent les deux versions, et le mot probablement n’appartient qu’à la première. Seule la mention de 1263 est donnée comme certaine.

Quant à la protection la plus forte, elle n’est jamais venue. La direction régionale l’écrit elle-même : le projet d’en faire une réserve naturelle est ancien, mais il n’a jamais pu aboutir en raison d’une opposition locale forte, alors que le site le mériterait amplement. Ailleurs dans le même document, elle précise que l’idée a été lancée il y a une quarantaine d’années, qu’aucune avancée n’a été faite dans ce sens, et qu’à tout le moins les plans d’eau du domaine pourraient devenir réserve nationale de chasse, ce qui serait un bon début.

Il faut lire ce passage en entier pour ne pas le déformer. Le même texte explique, juste après la première de ces deux phrases, que le Domaine de Lindre, longtemps privé, est passé sous la tutelle du département et que, depuis ce rattachement, il bénéficie d’une gestion dans laquelle la biodiversité est prise en compte. Le lieu n’est donc pas sans gestion : il est sans protection réglementaire forte. Ce n’est pas la même chose.

Les résultats, eux, sont mesurés. Les habitats de l’annexe I de la directive européenne couvrent quatre-vingt-treize pour cent de la surface totale du site, taux que la fiche de 2018 juge tout à fait remarquable. La direction régionale, qui en recense une dizaine sur la zone spéciale de conservation, écrit de son côté quatre mille neuf cent soixante hectares, soit près de quatre-vingt-quinze pour cent. On y compte environ cent vingt espèces d’oiseaux nicheuses et plus de deux cent quarante espèces observables, et la fiche descriptive de 2002 recensait quatre observatoires ouverts au public, à Lindre-Basse, Tarquimpol, Guermange et Dressling, là où la brochure du département n’en présente aujourd’hui que deux. Un couple de balbuzards pêcheurs, originaire du sud de l’Allemagne, s’est installé sur une plate-forme artificielle du domaine.

Un programme de restauration a été mené en 2005, après des études préalables en 2003 : vingt-deux mares créées et entretenues, mille huit cents arbres et arbustes plantés, trois îlots créés, roselières diversifiées, fossés de pêche curés. Montant total, huit cent trente-trois mille euros, financés à cinquante-trois pour cent par le département et à quarante-sept pour cent par l’agence de l’eau. Détail qui en dit long sur la frontière entre écologie et production : le curage des fossés de pêche, uniquement destiné à faciliter l’exercice de la pisciculture, n’a pas été cofinancé par l’agence.

Vu du ciel, une presqu’île romaine encerclée par l’eau

La forme du lieu est sa particularité. Un massif forestier de quatre cent vingt hectares s’insère entre les deux grands bras de l’étang, et une presqu’île s’avance au milieu de l’eau : Tarquimpol. La direction régionale écrit qu’elle est particulièrement stratégique pour les oiseaux, survolée par les migrateurs en transit qui peuvent y faire halte et par les oiseaux d’eau locaux qui passent d’une partie de l’étang à l’autre, et qu’il faut absolument y favoriser le principe de l’interdiction de la chasse.

Cette presqu’île porte aussi le seul immeuble protégé des communes riveraines de l’étang. Nous avons interrogé nous-mêmes, le 1er novembre 2026, l’export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques, 46 761 notices. Pour Tarquimpol, une seule notice : un site archéologique intitulé Restes romains, classé par journal officiel du 16 février 1930, propriété de la commune, état de conservation vestiges, campagne principale de construction au troisième siècle.

La notice ne qualifie rien de plus. Elle dit site archéologique et restes romains, et c’est tout. Ailleurs, les descriptions divergent : la fiche descriptive de 2002 range au patrimoine du site des vestiges romains enfouis, amphithéâtre, voies romaines empierrées, temples et villas. Une notice éditoriale accompagnant un reportage de télévision régionale de 2002 parle d’une ville qui s’étendait sur quarante-cinq hectares, évoque un amphithéâtre de cent vingt-cinq mètres de diamètre pouvant accueillir environ dix mille personnes, et rapporte qu’une photographie aérienne de 1981 a dévoilé un théâtre au sommet de la presqu’île.

Un théâtre et un amphithéâtre ne sont pas la même chose et n’ont pas le même plan. Nous ne trancherons pas : nous n’avons trouvé aucune publication archéologique sur ce monument, ni rapport de fouilles, ni article de revue savante. Cela ne veut pas dire qu’il n’en existe pas, cela veut dire que nous ne l’avons pas trouvée. La même notice signale des fouilles en 1976, l’étang étant à sec, qui ont révélé une tuilerie et une forge, et une campagne de prospections géophysiques en 2008 au magnétomètre, au ballon captif et au drone.

Le reste du voisinage est administrativement vide. Toujours dans cet export fermé et téléchargeable, Lindre-Basse, Lindre-Haute, Gelucourt et Guebling ne portent aucune notice d’immeuble protégé. Dieuze en porte une, son ancienne saline et usine de produits chimiques, inscrite le 31 octobre 1997, de nouveau inscrite le 4 octobre 2012 puis classée le 23 octobre 2013. Vic-sur-Seille en porte six. Ces absences valent preuve dans ce fichier, et nulle part ailleurs.

Enfin, le pays lui-même se regarde d’en haut comme une mosaïque. La direction régionale compte plus de cent trente étangs dans ce pays des étangs mosellan, et donne pour le site Natura 2000 une occupation du sol de cinquante-trois pour cent de forêt, vingt pour cent de prairies, quinze pour cent de plans d’eau et huit pour cent de cultures. La fiche de 2002 découpe autrement, sur un périmètre voisin mais pas identique : vingt-huit pour cent de terres agricoles, quinze pour cent d’étangs et roselières, cinquante-cinq pour cent de forêts dont trois quarts de forêts domaniales. Les deux découpages ne se recoupent pas, l’un isolant les prairies que l’autre range avec les terres agricoles. Nous donnons les deux, avec leur date.

Sources : plan national d’actions 2020-2029 en faveur du balbuzard pêcheur et du pygargue à queue blanche, rédigé par la Ligue pour la protection des oiseaux pour le ministère chargé de l’écologie, pour l’histoire de l’extinction, le couple hivernant de Champagne en 1976 et 1977, l’estivage de 2010, les deux juvéniles de 2011, la découverte du nid en 2012, les deux jeunes à l’envol et la placette de soutien alimentaire de novembre 2011 ; plateforme pour la biodiversité du Grand Est, Région Grand Est, page du 14 décembre 2024, pour le couple de l’étang de Lindre présenté comme le premier couple observé en France et le retour spontané de l’espèce ; plan régional d’actions Lorraine, direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement du Grand Est, pour la consigne de ne pas localiser les sites de nidification et pour l’acquisition des étangs par le département en 1976 ; fiche espèce de la même direction régionale, écrite avant 2012, pour le séjour du couple depuis l’automne 2009, la saison 2010, l’envergure de deux cent quarante centimètres et la maturité à cinq ans ; dossier de la même direction régionale sur le site Natura 2000, pour les 5 308 hectares, les 620 hectares de l’étang, les 920 hectares d’eaux libres, les 420 hectares de forêt, les 700 hectares de l’étang du Stock, les plus de cent trente étangs, l’occupation du sol, l’origine probable au dixième siècle et la mention de 1263, le passage sur la réserve naturelle et celui sur la presqu’île de Tarquimpol ; fiche descriptive du site Ramsar d’octobre 2002 et fiche de synthèse de 2018, pour l’inscription du 2 février 2003, les 5 300 hectares, les surfaces d’étangs et de roselières, la production piscicole, les quatre observatoires, les 93 pour cent d’habitats de l’annexe I, les espèces d’oiseaux et les vestiges romains enfouis ; arrêté du 21 août 2003 portant désignation de la zone de protection spéciale, lu par un convertisseur, pour les onze communes ; projet d’arrêté et annexe mis en consultation publique en 2016 pour la zone spéciale de conservation, pour les quatorze communes, les huit habitats ouverts par les prés salés intérieurs et les onze espèces, la date du 23 septembre 2016 étant donnée par deux bases de droit de l’environnement ; agence de l’eau Rhin-Meuse, fiche de retour d’expérience de 2006, pour les 622 hectares, la création au treizième siècle et le programme de travaux de 2005 ; avis du conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Lorraine du 11 octobre 2012, pour la politique de réintroduction de la cigogne blanche depuis 1977 et le lâcher de trois jeunes ; notice éditoriale de l’Institut national de l’audiovisuel accompagnant un reportage de 2002, pour les quarante-cinq hectares, l’amphithéâtre de cent vingt-cinq mètres, la photographie aérienne de 1981 et les campagnes de 1976 et 2008 ; export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques, 46 761 notices, interrogé par nos soins le 1er novembre 2026, pour le classement du 16 février 1930 à Tarquimpol et les décomptes des communes voisines ; brochure du Domaine départemental de Lindre éditée par le Département de la Moselle, lue le 1er novembre 2026, pour le domaine de près de mille hectares, les treize étangs piscicoles et la formule du plus grand étang piscicole de France. L’arrêté de 2016 publié au Journal officiel et une publication archéologique sur le monument de Tarquimpol n’ont pas été lus.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pygargue à queue blanche ?

Un grand rapace pêcheur, dont la fiche espèce de la direction régionale de l'environnement donne une envergure allant jusqu'à deux cent quarante centimètres et indique que l'oiseau devient adulte à l'âge de cinq ans. Le plan national d'actions rappelle qu'il a niché en France continentale jusqu'au dix-huitième siècle avec certitude, très probablement encore localement jusqu'à la fin du dix-neuvième, et jusqu'au milieu du vingtième siècle en Corse, où les derniers couples nichaient au début des années 1950 avant de s'éteindre.

Que s'est-il passé à Lindre en 2011 ?

Le plan national d'actions l'écrit en toutes lettres : en 2011, le couple lorrain mène deux jeunes à l'envol, les premiers en France continentale depuis plus d'un siècle. L'observation de deux juvéniles en août 2011 puis la découverte du nid en 2012 confirment le retour spontané de l'espèce en France. Le premier estivage d'un couple avait eu lieu en 2010 sur ce même étang, et un couple apparié hivernant avait été observé sur les lacs de Champagne dès 1976 et 1977.

Où est le nid exactement ?

Nous ne le dirons pas, et nous ne le savons pas. Aucun des documents publics que nous avons lus ne le situe plus précisément que le secteur de l'étang de Lindre, et le plan régional d'actions en donne la raison noir sur blanc : il ne faut surtout pas localiser précisément les sites de nidification des espèces pour éviter au maximum les dérangements. Aucune source officielle ne donne la parcelle, et encore moins l'arbre.

Les oiseaux ont-ils été aidés à s'installer ?

Oui, par de la nourriture déposée à l'écart. Le plan national d'actions indique qu'en 2011 le domaine départemental a aménagé une placette de soutien alimentaire dans une partie inaccessible au public de l'étang, avec pour objectif d'inciter le couple à s'installer aux abords et de favoriser le cantonnement d'individus en période hivernale. Le dépôt de nourriture a commencé en novembre 2011. L'installation elle-même, en revanche, est spontanée : aucun oiseau n'a été relâché.

L'étang de Lindre est-il le plus grand étang piscicole de France ?

Cela dépend de ce que l'on mesure, et les sources ne mesurent pas la même chose. Le département présente le site comme le plus grand étang piscicole de France, l'agence de l'eau écrit le plus grand des étangs piscicoles à carpe de France, et la direction régionale de l'environnement écarte explicitement la lecture en surface : l'étang de Lindre n'est pas le plus grand plan d'eau de l'est mosellan, puisqu'il est devancé par l'étang du Stock et ses sept cents hectares, mais il est celui qui possède la plus grande diversité d'oiseaux.
PartagerFacebookXWhatsAppLinkedInE-mail
Retour en haut