Les interrupteurs et le tableau électrique sont protégés depuis 2019 : la maison Falleur, villa Art déco de Trélon, dans le Nord

Une rue de Trélon, dans le Nord
Trélon, dans l'Avesnois : la brique partout, et quelque part une villa Art déco. Photo : Havang(nl), CC0, via Wikimedia Commons.

Un arrêté du 25 septembre 2019 inscrit en totalité une villa de Trélon, dans le Nord. Ce qu’il énumère surprend : façade, toiture et intérieur, dont les papiers peints, les interrupteurs et le tableau électrique.

La formule est reprise mot pour mot de la notice nationale et de la publication au Journal officiel, et elle va jusqu’à l’appareillage électrique. C’est rare : dans l’export national des immeubles protégés, une seule notice sur 46 761 cite des interrupteurs, celle-ci.

La maison Falleur, aussi appelée maison Ténart, est une villa de style Art déco. Les publications la datent de 1936, d’autres plus vaguement du début des années trente, et nous ne tranchons pas. La liste des immeubles protégés en 2019 a été publiée au Journal officiel le 26 juin 2020, et un écomusée donne 2020 pour la protection : cette publication peut expliquer l’écart, sans que nous puissions l’établir.

L’arrêté nomme les papiers peints, les interrupteurs et le tableau électrique.

Pourquoi protéger une installation électrique

Les textes que nous avons lus ne donnent pas les motifs de cette énumération. Elle figure entre parenthèses dans une inscription qui porte sur la maison en totalité, et la notice insiste sur la conservation de la quasi-totalité des aménagements intérieurs d’origine.

Nous ne décrivons pas le tableau électrique lui-même, que nous n’avons pas vu, et nous ne disons rien de ce que la protection change pour d’éventuels travaux, faute d’avoir lu le texte de droit.

Ici, l’inscription vise la maison en totalité, et la liste entre parenthèses précise ce que comprend l’intérieur.

Inscrite, et non classée

Un point de vocabulaire doit être tenu fermement, parce que la confusion est partout. La maison est inscrite au titre des monuments historiques. Elle n’est pas classée. L’inscription est le degré de protection le moins contraignant des deux.

Un procès-verbal du conseil municipal de janvier 2021 évoque une commission régionale réunie en juin 2019 et un projet de classement, reprenant la même énumération d’éléments. Mais ce classement n’apparaît pas dans l’export national des immeubles protégés que nous avons interrogé, et nous ne pouvons donc pas écrire qu’il a été prononcé.

Cette absence vaut pour cet export, à sa date, et pour rien d’autre. Un projet peut avoir abouti depuis, ou avoir été abandonné : nous n’en savons rien, et le dire est plus utile que de deviner.

ÉlémentCe qui est établiSource
Protectioninscription du 25 septembre 2019export national, notice PA59000216
Périmètrela maison en totalité (façade, toiture, intérieur dont papiers peints, interrupteurs, tableau électrique), avec le muret de clôture et son portailmême formule dans la notice et au Journal officiel
Degréinscription, pas classementmême source
Projet de classementévoqué, non constaté dans l’exportprocès-verbal municipal de janvier 2021
Ventevotée à l’unanimité le 14 avril 2025procès-verbal du conseil municipal
Prix de venteabsent des pièces officielles luespresse locale seulement
La notice du ministère et la publication au Journal officiel émanent du même auteur : elles comptent pour une seule source.

Une villa Art déco dans un pays de brique

La notice du ministère décrit une villa édifiée en 1936 pour l’industriel filateur Alphonse Falleur, remarquable par son style Art déco aux inflexions classiques teintées de régionalisme, et qualifiable de château moderne par son décor et son confort.

La notice précise que la villa remplace des bâtiments plus anciens.

Deux éléments de cette maison sont d’ailleurs attribués par un écomusée, seule source sur ces points : l’origine des papiers peints, rattachée à une maison célèbre, et l’emploi du béton armé. Nous les rapportons avec cette réserve, et non comme des faits établis.

Une vente votée à l’unanimité

Le fait que nous avons pu lire dans une pièce officielle est une délibération. Le 14 avril 2025, le conseil municipal de Trélon a voté à l’unanimité la vente du bâtiment à une société civile immobilière. Nous l’avons lu dans le procès-verbal de séance, qui autorise le maire à signer l’acte : la signature elle-même n’est pas documentée dans ce que nous avons lu.

Un prix circule dans la presse locale, mais il ne figure pas dans ce document, et les deux médias qui le citent peuvent dépendre l’un de l’autre. Nous ne le reprenons donc pas. De même, le refus d’un permis après avis défavorable des services de l’État n’est rapporté que par un seul média : nous le signalons comme tel plutôt que de l’affirmer.

Ce que nous ne racontons pas : la menace de démolition qui aurait pesé sur la maison entre 2017 et 2019. Ce récit repose, dans les pièces que nous avons lues, sur la presse locale et sur une pétition. Aucune délibération, aucun arrêté, aucune pièce officielle que nous ayons lue n’en fait état. Le présenter comme une décision de la commune serait une faute.

Nous nous gardons aussi de dire ce qu’une inscription implique pour une vente. Nous n’avons lu aucun texte sur ce point précis, et il serait facile d’énoncer une règle de droit qui sonne juste sans l’avoir vérifiée. Une protection crée des obligations, c’est entendu, mais lesquelles exactement, et à la charge de qui après un changement de propriétaire, cela ne se devine pas : cela se lit dans le code, et nous ne l’avons pas fait.

  • Le prénom du commanditaire varie selon les sources, entre Alphonse et Achille Falleur.
  • La date d’entrée du bâtiment dans le patrimoine communal, par don ou par legs selon les sources, est donnée tantôt en 1990, tantôt en 1999.
  • Les papiers peints sont attribués à une maison célèbre par un écomusée, seule source sur ce point, comme l’emploi du béton armé.
  • Une autre protection existe dans la même commune, celle d’une ancienne verrerie, inscrite le 7 février 2023.

Nous n’avons pas vérifié sur une vue aérienne ce que l’on voit de la maison depuis le ciel : la notice la situe au 1 rue de la Liberté, sur les parcelles 2284 et 2398 de la section E.

Sources : export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques du ministère de la Culture, 46 761 notices, notice PA59000216, et publication de l’arrêté au Journal officiel de juin 2020, pour l’inscription du 25 septembre 2019 et son périmètre ; ces deux références émanent du même auteur et comptent pour une seule source. Procès-verbaux du conseil municipal de Trélon des 21 janvier 2021 et 14 avril 2025, pour le projet de classement évoqué et pour la vente votée. Les informations de prix, de refus de permis et de menace de démolition viennent de la presse locale et ne sont pas confirmées par les pièces officielles lues. L’arrêté lui-même n’a pas été consulté dans son texte original, seulement par la notice et la publication qui le reprennent.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la maison Falleur ?

Une villa de style Art déco située rue de la Liberté, à Trélon, dans le Nord. Les sources la datent de 1936, d'autres plus vaguement du début des années trente. Elle est inscrite au titre des monuments historiques par un arrêté du 25 septembre 2019, publié au Journal officiel en juin 2020.

Qu'est-ce qui est protégé exactement ?

La formule, telle que la donnent la notice nationale et le Journal officiel : la maison dite Falleur en totalité (façade, toiture et intérieur dont les papiers peints, les interrupteurs et le tableau électrique), ainsi que le muret de clôture avec son portail du côté de la façade principale. La mention des interrupteurs est rare : une seule notice sur les 46 761 de l'export national les cite.

Est-elle classée ou inscrite ?

Inscrite, et la distinction compte. L'inscription est le degré de protection le moins contraignant des deux. Un procès-verbal du conseil municipal de janvier 2021 évoque une commission régionale de juin 2019 et un projet de classement reprenant la même énumération, mais ce classement n'apparaît pas dans l'export national des immeubles protégés. Nous ne pouvons donc pas dire qu'il a eu lieu.

Pourquoi protéger des interrupteurs ?

Les textes que nous avons lus ne donnent pas de motif à cette mention. La notice du ministère relève qu'il est assez rare de voir un ensemble aussi complet ayant conservé la quasi-totalité de ses aménagements intérieurs d'origine, lesquels sont de très belle qualité. Nous ne disons rien de ce que la protection change pour d'éventuels travaux, faute d'avoir lu le texte de droit.

La commune a-t-elle vendu la maison ?

Elle en a voté la vente, à l'unanimité, le 14 avril 2025, au profit d'une société civile immobilière. Nous l'avons lu dans le procès-verbal du conseil municipal. La signature de l'acte n'est pas documentée dans ce que nous avons lu. Le prix qui circule dans la presse locale ne figure pas dans ce document, et nous ne le reprenons donc pas.
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