Une charte de 1145 atteste un prieuré clunisien voulu comme nécropole comtale : l’église romane de Feldbach

L'église romane Saint-Jacques de Feldbach vue de son flanc sud, avec son clocher
L'église Saint-Jacques de Feldbach : le seul vestige d'un prieuré de moniales placé sous l'autorité de Cluny. Photo : GFreihalter, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

À Feldbach, village du Sundgau de quatre cent soixante-douze habitants en 2023, dans le Haut-Rhin, l’église romane Saint-Jacques est le reste le plus visible d’un couvent de moniales bénédictines, dont la notice d’inventaire signale aussi, au sud, le logis du prieur, conservé. Ce couvent était placé sous l’obédience de l’abbaye de Cluny, à deux cent trente kilomètres de là en ligne droite.

La notice d’inventaire du ministère de la Culture rattache cette fondation à une charte de 1145, et l’attribue au comte Frédéric Ier de Ferrette. Le Palais princier de Monaco, qui a ses raisons de s’y intéresser, donne la même année, le même fondateur et la même obédience, sans citer de charte, et ajoute que le prieuré devait servir de nécropole à la famille du fondateur.

Deux institutions sans lien l’une avec l’autre : un service d’inventaire de l’État français d’un côté, le palais d’un État étranger de l’autre. Elles concordent sur l’année, sur le fondateur et sur Cluny. Le Palais, lui, ne cite aucune source, et nous ne savons donc pas d’où il tient sa date.

Un couvent de village sous l’autorité de la plus grande abbaye d’Occident.

Une église coupée en deux, et un chiffre à une seule source

La matière la plus concrète de ce dossier vient entièrement de la notice d’inventaire, et nous devons le dire avant de la citer : ce qui suit n’est porté que par ce document, même si c’est un relevé mené par deux rédacteurs de l’État, enquête de 1995, rédaction de 1996. La notice dit elle-même le cadre de ce travail : un inventaire préliminaire, et non une étude exhaustive.

Cette notice décrit une église partagée entre deux publics. Le chœur des moniales occupait le vaisseau central, fermé vers les bas-côtés sud et nord par un mur plein qu’elle dit long de dix mètres cinquante. La nef, elle, était réservée aux laïcs, et la notice précise qu’elle était autrefois séparée du reste de l’église par un mur transversal dont les fondations subsistent, l’autel de saint Laurent y étant adossé.

Autrement dit, dans une église de village, trois parties et deux murs : le chœur liturgique, l’ancien chœur des moniales fermé par un mur latéral de dix mètres cinquante, et la nef des laïcs que coupait un mur transversal. La notice décrit le premier mur au présent, et la restauration de 1966 à 1977 a refermé les arcades qui l’avaient percé ; du second, il ne reste que des fondations.

Le même document explique qui faisait le lien. Cluny déléguait un prieur qui avait juridiction sur les moniales, administrait les sacrements, s’occupait de la paroisse et gérait les biens du prieuré. La paroisse et le couvent partageaient donc le bâtiment et l’autorité.

Un détail qui donne du sens à ce mur : l’autel adossé au mur transversal, dans la partie des laïcs, était celui de saint Laurent, et non de saint Jacques. Un site de valorisation du patrimoine rhénan avance que l’église aurait été dédiée à l’origine à saint Laurent, et n’aurait probablement été placée sous le patronage de saint Jacques qu’après la fondation du monastère. Les deux éléments s’accordent, et la notice du ministère va dans le même sens : elle écrit que le prieuré était dédié à saint Jacques et que la paroisse primitive avait pour patron saint Laurent. Ce qui reste propre au site rhénan, c’est l’idée que l’église existait déjà avant la fondation du monastère.

Ce que les comtes voulaient, et ce qui est établi

Le mot nécropole est le point délicat de ce sujet, et il faut peser chaque source.

  • Le Palais princier de Monaco écrit que le prieuré devait servir de nécropole à la famille de Frédéric Ier de Ferrette. C’est une intention de fondation, exprimée au douzième siècle.
  • Un titre de presse monégasque, en mars 2024, décrit l’église comme le lieu où les comtes de Ferrette sont inhumés, et le même titre écrivait déjà en octobre 2021 que le prince y avait visité la nécropole de sa famille. C’est une affirmation sur l’état actuel des lieux. Un second titre monégasque, le même jour de mars 2024, met la même phrase entre guillemets et en fait donc le propos d’un tiers.
  • L’office de tourisme local écrit que le comte la fit construire pour y être enterré avec sa famille.
  • La notice d’inventaire du ministère de la Culture, qui décrit l’édifice pierre par pierre, ne parle pas de nécropole.

Ces phrases ne disent pas la même chose, et nous ne les fondrons pas en une. Nous n’avons trouvé aucun rapport de fouille, ni de l’institut national de recherches archéologiques préventives ni du service régional de l’archéologie, et nous n’avons trouvé, dans la base nationale des objets mobiliers protégés, qu’une seule notice pour cette église : un Christ en croix en bois taillé, peint polychrome et doré, du quinzième siècle, d’un mètre soixante de haut, placé contre le mur nord de la nef centrale, inscrit au titre objet le 11 octobre 1982.

Ce que nous pouvons écrire est donc ceci : un prieuré voulu comme nécropole comtale. Pas une nécropole attestée.

Huit siècles de propriétaires, et deux crues

L’histoire du bâtiment, telle que la notice la retrace, est celle d’un objet qui change de mains sans arrêt.

DateÉvénementSource
charte de 1145fondation du prieuré de moniales bénédictines sous l’obédience de ClunyInventaire général et Palais princier de Monaco
deuxième quart du 12e sièclecampagne principale de constructionInventaire général
première moitié du 16e siècleles moniales quittent leur couvent pendant la guerre des Paysans ; le couvent a aujourd’hui disparuInventaire général
1618le domaine passe à l’abbaye de LucelleInventaire général
1636puis aux jésuites d’EnsisheimInventaire général
1773puis au Collège royal de ColmarInventaire général
1790l’église devient propriété communale et église paroissialeInventaire général
1721 et 1834surélévations du sol après des inondationsInventaire général
6 décembre 1898classement partiel au titre des monuments historiquesnotice de protection du ministère de la Culture
Le détail de la guerre des Paysans de 1525 figure dans une autre notice, celle de l’abbaye de Lucelle : c’est un autre périmètre, et nous ne le reportons pas sur Feldbach.

Le dix-neuvième siècle a été plus brutal que les crues. Entre 1840 et 1870, l’absidiole sud est démolie, avant d’être rétablie par la campagne de 1966 à 1977 ; la même notice situe au dix-huitième siècle la destruction de l’absidiole nord. En 1862, selon la notice, l’architecte Risler-Tournier remplace l’ancien campanile par un autre, sur la façade. De 1887 à 1889, une restauration est conduite par un architecte, et en 1910 un clocher latéral est ajouté par un autre, d’après le projet du premier.

Sur ce clocher, les sources divergent, et nous ne les réduirons pas à une date. La notice d’inventaire distingue le clocher de 1862 et le clocher latéral de 1910. Une société savante alsacienne écrit que le clocher est récent et le date de 1909. Le site de valorisation rhénan date la tour de 1910 et précise qu’elle a remplacé une tourelle qui dominait la façade.

Une dernière campagne, de 1966 à 1977 selon la notice, a visé à retrouver l’aspect primitif. L’office de tourisme donne, sur sa page française, le 3 juillet 1977 deux fois, dans sa description comme dans sa foire aux questions, et nomme Mgr Brand, évêque auxiliaire. La version anglaise de la même page porte une date inutilisable, July 1, 3, qui est un défaut de traduction automatique et non une seconde date. Reste un écart sur le rôle et sur l’homme : la description dit inaugurée par Mgr Brand, la foire aux questions en sa présence, et une autre source, que nous n’avons lue qu’en résultat de recherche, parle de l’évêque de Strasbourg. Nous ne tranchons pas.

Cinquante-six notices pour une seule date, et une seule dans le Sundgau

Nous avons interrogé nous-mêmes, le 1er novembre 2026, l’export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques, 46 761 notices. Le résultat vaut la peine d’être énoncé, parce qu’il dit quelque chose de l’histoire administrative de la région.

  • Cinquante-six notices portent la date de protection du 6 décembre 1898, et aucune ne se trouve ailleurs qu’en Alsace-Moselle : trente-sept dans le Bas-Rhin, seize dans le Haut-Rhin, trois en Moselle. C’était alors un territoire allemand, et cette campagne de classement y est propre.
  • Sur ces cinquante-six, l’église du couvent de Feldbach est la seule située dans le Sundgau, région qui n’a pas de limite administrative : le tri est le nôtre, aucune des quinze autres notices haut-rhinoises de cette date ne portant sur une commune du Sundgau.
  • Feldbach ne compte qu’une seule notice d’immeuble protégé dans cet export.
  • Les graphies allemandes testées, Pfirt pour Ferrette et Felbach sans d, ne rendent aucune notice.

Ces absences valent preuve, parce que le fichier est fermé et téléchargeable, mais pour ce fichier et ces graphies seulement.

Le même export révèle une curiosité juridique à quelques kilomètres de là. Vingt-huit notices nationales portent la date du 16 février 1930, dont vingt-deux en Moselle, trois dans le Bas-Rhin et trois dans le Haut-Rhin. Des trois notices haut-rhinoises de cette date, les ruines du château de Ferrette sont la seule dont la protection tienne à ce seul acte : un classement par journal officiel, et non par arrêté. Les deux autres sont protégées autrement : les châteaux de Ribeauvillé le sont aussi par un arrêté antérieur, du 1er octobre 1841, et le cimetière militaire d’Orbey par un classement par liste de ce même 16 février 1930, sa notice précisant qu’il se trouve en partie dans une zone déjà classée.

La notice de Feldbach porte d’ailleurs, elle aussi, la mention de ce journal officiel du 16 février 1930 en observation, à côté de son classement de 1898.

Nous n’avons pas pu lire l’arrêté du 6 décembre 1898. Le fichier que la notice met en lien renvoie vers un ancien serveur du ministère dont la connexion a échoué, et la notice précise de son côté que le dossier de protection complet et l’arrêté ne sont consultables que sur place, à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, à Charenton-le-Pont. Nous ne concluons donc rien sur son contenu, ni sur la langue dans laquelle il a été rédigé.

Pourquoi un prince de Monaco vient ici

Le village a reçu deux fois le prince Albert II de Monaco, et ce n’est pas du tourisme. Il porte le titre de comte de Ferrette.

La chaîne est documentée par le Palais princier. En 1659, Louis XIV octroie le comté de Ferrette au cardinal Mazarin. En 1777, le mariage de Louise d’Aumont, duchesse de Mazarin et héritière du cardinal, avec le futur prince Honoré IV fait entrer le comté dans le patrimoine monégasque. Une précision utile : un titre de presse monégasque la présente comme la nièce de Mazarin, ce qui ne tient pas, le cardinal étant mort en 1661, plus d’un siècle avant ce mariage.

Plus haut encore remonte un autre anniversaire, celui du mariage de 1324 entre Jeanne de Ferrette et Albert II de Habsbourg, dont le sept centième anniversaire a été célébré en 2024.

La première visite a eu lieu le mercredi 20 octobre 2021. Le prince est allé à Ferrette puis à Feldbach, accueilli par la sous-préfète d’Altkirch et par les maires des deux communes, et il a inauguré à Ferrette un espace muséal installé dans la mairie, un bâtiment du seizième siècle. C’était sa seconde venue à Ferrette, quinze ans après celle de 2006, pour le neuf centième anniversaire du comté. Le musée rouvrait pour la première fois depuis 1963, et une association locale visait cinq cent mille euros pour sa reconstruction, le prince ayant décidé d’y participer sans que le montant soit précisé. Petit désaccord pour mémoire : le Palais princier place cet espace muséal au premier étage de la mairie, un autre titre monégasque au rez-de-chaussée. Mais ce second texte reprend le compte rendu du Palais phrase par phrase, à l’étage près : ce n’est pas une source de plus, c’est la même, recopiée.

La seconde visite est du dimanche 17 mars 2024. Le prince et la princesse Charlène sont venus dévoiler à Feldbach la plaque faisant de la commune un membre du réseau des Sites historiques Grimaldi de Monaco, et visiter l’église Saint-Jacques. La journée s’est poursuivie à Dannemarie, pour l’inauguration d’un passage des Comtes de Ferrette derrière le chœur de l’église, puis à Thann pour les cérémonies du septième centenaire, en présence de descendants de Jeanne de Ferrette et d’Albert II de Habsbourg. Précision de géographie : Thann n’appartient pas au Sundgau mais à la vallée de la Thur.

Quant à la taille de ce réseau des Sites historiques Grimaldi, plusieurs chiffres circulent et ils ne comptent pas la même chose : cent quinze sites en France et en Italie en 2020, près de cent cinquante collectivités françaises et italiennes en octobre 2025, plus de quatre-vingts collectivités territoriales françaises selon le prince lui-même en octobre 2025, quatre-vingt-cinq selon le président de l’association française le même mois, plus d’une centaine de communes en mai 2026. Trois unités de compte, deux périmètres géographiques, et deux chiffres du même mois d’octobre 2025, l’un pour la France seule, l’autre pour la France et l’Italie. Ils ne se contredisent pas nécessairement, et nous les donnons avec leur unité et leur année plutôt que d’en retenir un.

Vu du ciel, du calcaire du Jura et un décor venu de Bourgogne

L’édifice se lit comme une petite basilique posée dans un fond de vallée. La notice d’inventaire décrit un petit appareil irrégulier de calcaire du Jura, une nef à bas-côtés, des colonnes à bases à griffes et chapiteaux ornés de feuilles et d’animaux, un vaisseau central percé d’oculi moulurés et de fenêtres en plein cintre, une abside et une absidiole en cul-de-four, et une tour néo-romane hors œuvre au nord-ouest.

Elle ajoute un jugement qui en dit plus long qu’il n’y paraît : le décor sculpté des chapiteaux relèverait d’une influence bourguignonne ou franc-comtoise plutôt que de l’art roman alsacien. Autrement dit, la pierre vient du Jura voisin et les modèles d’ailleurs. Le rapprochement avec Cluny est tentant, mais la notice ne le fait pas : elle constate l’influence, elle n’en donne pas le chemin. Une église de l’Alsace du Sud qui ne ressemble pas à l’Alsace.

Les deux surélévations du sol, en 1721 puis en 1834, disent aussi quelque chose de l’implantation : on a relevé le niveau après des inondations, deux fois en un siècle. Le village porte d’ailleurs un nom qui se lit comme un paysage, le ruisseau des champs.

L’office de tourisme situe Feldbach sur un chemin de Compostelle, à un carrefour de routes anciennes, et écrit que les pèlerins venaient surtout du Palatinat en passant par Strasbourg. Il ajoute que ce serait aujourd’hui la plus ancienne église d’Alsace dédiée à saint Jacques le Majeur. Cette dernière affirmation n’est portée que par lui, et nous ne l’avons retrouvée dans aucune autre source : nous la lui laissons. L’export national des immeubles protégés ne renseigne le vocable d’aucune notice alsacienne, il ne permet donc pas de la trancher.

Un dernier point pour qui chercherait l’édifice ailleurs. Une notice encyclopédique anglophone intitulée Feldbach Abbey ne traite pas de ce lieu : elle porte sur un couvent cistercien de Steckborn, en Thurgovie suisse, supprimé en 1848. Il existe par ailleurs un Feldbach en Styrie autrichienne. L’église du prieuré clunisien, elle, est bien dans le Haut-Rhin, à une poignée de kilomètres de la frontière suisse.

Sources : notice IA68002740 de l’Inventaire général du patrimoine culturel, ministère de la Culture, enquête de 1995 et rédaction de 1996, pour la charte de 1145, la fondation par le comte Frédéric Ier de Ferrette, l’obédience de Cluny, le rôle du prieur, le mur plein de dix mètres cinquante, le mur transversal et l’autel de saint Laurent, le départ des moniales pendant la guerre des Paysans, la chaîne des propriétaires de 1618 à 1790, les surélévations de 1721 et 1834, la démolition de l’absidiole sud, les clochers de 1862 et 1910, les restaurations de 1887 à 1889 et de 1966 à 1977, et la description architecturale ; Palais princier de Monaco, compte rendu du 22 octobre 2021, pour la fondation de 1145, la destination voulue de nécropole, l’octroi du comté à Mazarin en 1659, le mariage de 1777 et le déroulement de la visite du 20 octobre 2021 ; notice de protection PA00085429 du ministère de la Culture, pour le classement partiel du 6 décembre 1898 et l’observation du journal officiel du 16 février 1930 ; notice PM68001043 de la base nationale des objets mobiliers protégés, pour le Christ en croix du quinzième siècle inscrit le 11 octobre 1982 ; export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques, 46 761 notices, interrogé par nos soins le 1er novembre 2026, pour les cinquante-six notices du 6 décembre 1898 et leur répartition, les vingt-huit notices du 16 février 1930, la notice unique de Feldbach, le classement par journal officiel des ruines du château de Ferrette et les graphies allemandes sans résultat ; Monaco Life et Monaco Tribune, pour la visite du 17 mars 2024, le mariage de 1324, la souscription du musée de Ferrette et les chiffres du réseau des Sites historiques Grimaldi ; office de tourisme du Sundgau, pour la date de 1144, le chemin de Compostelle et l’affirmation sur la plus ancienne église d’Alsace dédiée à saint Jacques le Majeur ; site de valorisation du patrimoine rhénan, pour l’hypothèse du vocable d’origine et la tourelle remplacée en 1910 ; Insee, recensement de la population de 2023, pour les quatre cent soixante-douze habitants. L’arrêté du 6 décembre 1898 n’a pas pu être lu, le serveur mis en lien par la notice ayant refusé la connexion. Aucune sépulture, dalle funéraire ou fouille n’a été établie dans cette église.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un prieuré clunisien, et qu'en reste-t-il à Feldbach ?

Un établissement monastique placé sous l'autorité de l'abbaye bourguignonne de Cluny. Selon la notice d'inventaire du ministère de la Culture, Cluny déléguait à Feldbach un prieur qui avait juridiction sur les moniales, administrait les sacrements, s'occupait de la paroisse et gérait les biens du prieuré. Du couvent des moniales, la notice écrit qu'il ne subsiste rien des bâtiments ni du cloître, qui se trouvaient au nord de l'église. Elle signale en revanche comme conservé le logis du prieur, au sud de l'église et hors enceinte.

Les comtes de Ferrette sont-ils enterrés dans cette église ?

Les sources ne disent pas la même chose, et nous ne tranchons pas. Le Palais princier de Monaco écrit que le prieuré devait servir de nécropole à la famille du fondateur, ce qui énonce une intention de fondation au douzième siècle. Un titre de presse monégasque décrit en mars 2024 l'église comme le lieu où les comtes sont inhumés, et l'office de tourisme écrit que Frédéric Ier la fit construire pour y être enterré avec sa famille. La notice du ministère de la Culture, elle, ne parle pas de nécropole. Nous n'avons trouvé aucun rapport de fouille ni aucune dalle funéraire signalée.

Pourquoi 1144 et 1145 circulent-ils tous les deux ?

Parce que les deux dates ne désignent probablement pas la même chose, mais aucune source lue ne l'explique. L'Inventaire général du ministère de la Culture donne 1145 en la rattachant explicitement à une charte, et le Palais princier de Monaco donne la même année sans citer de charte. L'office de tourisme et une société savante alsacienne donnent 1144, en parlant d'édification ; un titre monégasque a écrit 1145 en octobre 2021, puis repris 1144 en mars 2024, entre guillemets, dans la bouche de la maire de Feldbach. La formulation sûre est donc celle de la charte de 1145.

Pourquoi le prince de Monaco vient-il dans le Sundgau ?

Parce qu'il porte le titre de comte de Ferrette. La filiation est documentée par le Palais princier : Louis XIV octroie le comté de Ferrette au cardinal Mazarin en 1659, et en 1777 le mariage de Louise d'Aumont, duchesse de Mazarin et héritière du cardinal, avec le futur prince Honoré IV fait entrer le comté dans le patrimoine monégasque. Le prince Albert II est venu à Ferrette et à Feldbach le 20 octobre 2021, puis le 17 mars 2024 avec la princesse Charlène pour dévoiler à Feldbach la plaque du réseau des Sites historiques Grimaldi.

Depuis quand l'église est-elle protégée ?

Elle est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 6 décembre 1898, en classement partiel, et sa notice porte en observation la mention d'un journal officiel du 16 février 1930. Nous n'avons pas pu lire l'arrêté de 1898 lui-même : le fichier mis en lien par la notice renvoie vers un serveur dont la connexion a échoué. Une statue, un Christ en croix du quinzième siècle, est par ailleurs inscrite au titre objet depuis le 11 octobre 1982.
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