Le château de Biron, en Dordogne, se lit comme un livre d’histoire de l’architecture : du XIIe au XVIIIe siècle, chaque époque y a ajouté sa pièce, sur une même butte rocheuse. La famille de Gontaut-Biron l’a tenu pendant plus de sept siècles.
Siège de l’une des quatre baronnies du Périgord, avec Beynac, Bourdeilles et Mareuil, il domine le bourg de Biron et la vallée de la Lède. C’est aussi le fief des seigneurs qui ont cofondé, en 1284, la bastide de Monpazier, à quelques kilomètres de là.
Une forteresse disputée pendant la croisade des Albigeois
D’après les données archéologiques, le château daterait des environs de l’an mil. Les seigneurs de Biron apparaissent dans les textes à la fin du XIe siècle, vassaux du comte de Toulouse. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, ils font élever une imposante tour, puis laissent le site à leurs descendants, les Gontaut-Biron.
En 1211, pendant la croisade des Albigeois, le château est pris et confié à Martin Algais, un capitaine mercenaire. Quand celui-ci change de camp pour servir le comte de Toulouse, Simon de Montfort s’empare de la place, le fait pendre et confie le château à Arnaud de Montagu. En 1222, le roi d’Angleterre Henri III le vend à Henri de Gontaut. La famille le conservera jusqu’à la fin des années 1930.
De la forteresse à la demeure
Pris et saccagé par les Anglais aux XIVe et XVe siècles, le château renaît avec Pons de Gontaut-Biron, mort en 1524, qui transforme la forteresse médiévale en demeure confortable. Son descendant Armand de Gontaut-Biron, maréchal de France, lance une nouvelle transformation, restée inachevée après la disgrâce de son fils Charles, exécuté sous Henri IV. Au XVIIIe siècle, Charles Armand de Gontaut-Biron modernise encore l’ensemble.
Ce que l’on voit sur la butte
- Le donjon, du XIIe siècle.
- La plate-forme sommitale, isolée par un large fossé et précédée d’une cour basse formant glacis.
- La cour haute, entourée des logis nobles.
- La chapelle de 1515, à deux étages : l’un pour les gens du château, l’autre pour les villageois dont les maisons se serrent au pied de la butte.
- Les tombeaux de Pons de Gontaut et de son frère Armand, évêque de Sarlat, dont les têtes des gisants ont été martelées.
Vu d’en haut, l’étagement est saisissant : le village au pied, la basse-cour et sa chapelle, puis la cour haute et ses logis au sommet. C’est la hiérarchie sociale d’une seigneurie, traduite en altitude.
| Date | Événement |
|---|---|
| Vers l’an mil | Premières traces du château, d’après l’archéologie |
| 1211 | Prise du château pendant la croisade des Albigeois |
| 1222 | Vente à Henri de Gontaut par le roi Henri III |
| 1515 | Construction de la chapelle à deux étages |
| 1974 | Un violent orage de grêle endommage les toitures |
| 1978 | Vente au département de la Dordogne |
| 2012 | Début de la restauration de la charpente de l’aile des Maréchaux |
Un sauvetage public
En 1938, la famille Copper-Royer achète le château et le garde quarante ans. Le 30 mai 1974, un violent orage de grêle endommage fortement les toitures. En 1978, c’est un ensemble très délabré que rachète le département de la Dordogne, qui entreprend sa restauration. En 2012 commencent les travaux de la charpente de l’aile des Maréchaux, prévus sur deux ans pour 2,3 millions d’euros. Le château est aujourd’hui ouvert au public et accueille expositions et spectacles ; les horaires sont à vérifier avant la visite.
Biron illustre ce que la vue aérienne révèle de nombreux châteaux du Sud-Ouest : une fortification posée sur un relief choisi pour sa défense, puis transformée siècle après siècle, sans jamais quitter son rocher. Ici, rien n’a été rasé pour reconstruire ailleurs : tout s’est empilé.
À voir autour
- Monpazier, la bastide en damier : cofondée en 1284 par Pierre de Gontaut, seigneur de Biron
- Le château de Lavardens : une autre demeure bâtie sur une forteresse médiévale
Pour aller plus loin : Notre page de référence sur les châteaux et forteresses du Sud-Ouest, le dossier La Dordogne vue du ciel et la rubrique Patrimoine.
Sources : notice du château de Biron, Wikipédia en français ; base Mérimée des monuments historiques.
