Près de quatre logements sur cinq sont des résidences secondaires en 2023 : l’île d’Hoëdic, dans le Morbihan

La lande rase de Hoëdic, avec le village groupé sur la ligne d'horizon
Hoëdic : une lande rase, sans arbre, et le village ramassé d'un seul tenant au fond. Photo : rene boulay, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Sur l’île d’Hoëdic, dans le Morbihan, deux cent trois logements sur deux cent cinquante-neuf sont des résidences secondaires ou des logements occasionnels. Près de quatre sur cinq.

Le chiffre vient du recensement de 2023 publié par l’institut national de la statistique. La même source donne cent quatre habitants permanents, contre cent quatre-vingt-onze en 1968.

Ces deux séries se lisent ensemble. La population permanente a presque diminué de moitié en cinquante-cinq ans, tandis que le nombre de logements est passé de cent sept à deux cent cinquante-neuf.

Cent quatre habitants à l’année, et deux cent trois résidences secondaires ou logements occasionnels.

Ce que nous ne chiffrons pas

La population estivale est une donnée que beaucoup citent. Nous n’avons trouvé aucune source officielle qui la publie, et nous n’avons pas identifié l’origine des valeurs qui circulent sur des sites touristiques. Nous n’en reprenons aucune.

Cette absence n’est pas un détail. Le nombre de résidences secondaires et de logements occasionnels, deux cent trois, donne un indice du poids de la fréquentation saisonnière, sans la mesurer.

ÉlémentValeurSource
Population104 habitants en 2023institut national de la statistique
Population191 habitants en 1968même source
Logements259même source
Résidences secondaires203, soit 78,5 pour centmême source, 78,4 selon notre calcul
Biens protégéstrois noticesexport national, 46 761 notices, vérifié par nous
Population estivaleaucun chiffre officiel trouvésources interrogées
Les trois notices de protection ont été vérifiées par nos soins dans l’export national le 30 octobre 2026.

Trois protections, dont un phare sur un rocher

Nous avons interrogé nous-mêmes l’export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques, qui compte 46 761 notices. Pour cette île, il en rend trois.

  • Le dolmen de la Croix et le menhir de la Vierge, classés par arrêté du 12 juin 1926.
  • Le fort, inscrit par arrêté du 30 octobre 2000, la notice désignant une parcelle précise.
  • Le phare des Grands-Cardinaux, inscrit le 10 juin 2020, qui ne se trouve pas sur l’île mais sur un rocher au large, au sud-est.

Ce dernier mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il illustre ce qu’est une commune insulaire : son territoire ne s’arrête pas au rivage. Un phare bâti sur un écueil relève de la même collectivité qu’un dolmen planté dans la lande, à plusieurs kilomètres de là.

Mille neuf cent vingt-six, deux mille, deux mille vingt

Les trois dates de protection méritent d’être lues ensemble, parce qu’elles dessinent l’évolution de ce que l’on juge digne d’être protégé. Quatre-vingt-quatorze ans séparent la première de la dernière.

En 1926, ce sont un dolmen et un menhir préhistoriques qu’on classe. En 2000, c’est une fortification du dix-neuvième siècle qu’on inscrit. En 2020, c’est un phare, lui aussi du dix-neuvième siècle selon la notice, bâti sur un écueil.

L’export national se lit par dates autant que par objets. Nous nous gardons toutefois d’en tirer une règle générale : trois notices sur une île ne font pas une histoire du droit du patrimoine.

Ce que disent cinquante-cinq ans d’écart

Revenons aux deux chiffres de population. Cent quatre-vingt-onze habitants en 1968, cent quatre en 2023 : l’île a perdu quatre-vingt-sept résidents permanents, soit un peu moins de la moitié de ce qu’elle comptait.

Dans le même temps, le nombre de résidences secondaires et de logements occasionnels est passé de quarante-cinq à deux cent trois, alors que celui des résidences principales est resté à cinquante-six : la baisse de la population permanente s’est donc produite à nombre de résidences principales constant. Nous ne donnons pas d’explication à cette évolution.

Nous nous en tenons là. Expliquer cette évolution demanderait des sources que nous n’avons pas interrogées, sur l’emploi, la desserte maritime ou le prix du foncier, et nous ne les inventerons pas pour faire une conclusion.

Un fort qui devait disparaître, selon l’inventaire régional

Le fort central de l’île date du milieu du dix-neuvième siècle : les travaux commencent en 1847 et s’achèvent en 1855 ou 1856 selon l’inventaire régional, alors que la notice nationale parle d’une édification de 1847 à 1850. Son histoire est racontée, mais par une seule voix, et nous la rapportons comme telle.

Selon l’inventaire général du patrimoine de Bretagne, que le texte en ligne de la notice nationale reproduit ensuite, une loi de 1889 a déclassé l’ouvrage, il a été vendu en 1893 à un acheteur qui exploitait le goémon, et une clause de démolition imposée par le génie obligeait l’acquéreur à déraser l’ouvrage dans les trois ans. Il est toujours là.

Nous n’avons pas pu lire la loi : la page qui la publie est protégée contre les robots et le document est dans un répertoire que le site exclut. Nous ne l’avons pas contourné. Cette chaîne reste donc une source unique, reprise une fois, ce qui ne fait pas deux.

Deux affirmations incompatibles, que nous laissons en l’état : l’inventaire régional dit le fort désarmé en 1875, la notice nationale le dit abandonné en 1874, et une affirmation attribuée au Conservatoire du littoral, que nous n’avons pas pu relire, le dit jamais armé. Aucune n’est appuyée par un document d’archive que nous ayons lu. Signalons aussi qu’une appellation très répandue est approximative : elle renvoie à un règne achevé en 1848, alors que le chantier, commencé en 1847 sous ce règne, s’achève en 1855 ou 1856 selon l’inventaire régional.

Nous écartons également la nécropole mésolithique de l’île, pourtant célèbre chez les préhistoriens. Les sépultures, les squelettes et les datations circulent, mais nous n’avons eu accès qu’à des résumés, les archives départementales ayant refusé l’accès à notre outil de lecture. Nous préférons ne rien écrire plutôt que de recopier des chiffres dont nous n’avons pas vu la publication.

Vu d’en haut, Hoëdic est une petite île d’environ deux kilomètres carrés, avec son village et, à quelques kilomètres au sud-est, le rocher du phare des Grands-Cardinaux. Deux cent cinquante-neuf logements, dont deux cent trois sont des résidences secondaires ou des logements occasionnels.

Sources : institut national de la statistique, recensement de 2023, pour la population, le nombre de logements et la part des résidences secondaires, ainsi que le chiffre de 1968 ; export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques du ministère de la Culture, 46 761 notices, interrogé par nos soins le 30 octobre 2026, pour les trois protections ; inventaire général du patrimoine de Bretagne pour le récit du déclassement et de la vente du fort, source unique reprise par la notice nationale. La loi de 1889 n’a pas pu être lue, aucun chiffre officiel de population estivale n’a été trouvé, et les travaux sur la nécropole mésolithique n’ont été consultés que par des résumés.

Questions fréquentes

Combien d'habitants compte Hoëdic ?

Cent quatre au recensement de 2023, publié par l'institut national de la statistique. L'île en comptait cent quatre-vingt-onze en 1968, ce qui représente une baisse de près de moitié en cinquante-cinq ans. Nous ne donnons aucun chiffre de population estivale : nous n'avons trouvé aucune source officielle qui en publie, et nous n'avons pas identifié l'origine des valeurs qui circulent.

Quelle est la part des résidences secondaires ?

Deux cent trois logements sur deux cent cinquante-neuf, classés par l'institut statistique en résidences secondaires et logements occasionnels, soit 78,5 pour cent, et 78,4 pour cent d'après notre propre division. C'est près de quatre logements sur cinq. Autrement dit, l'essentiel des logements de l'île n'est pas occupé à titre de résidence principale.

Qu'est-ce qui est protégé sur l'île ?

Trois biens, que nous avons vérifiés nous-mêmes dans l'export national des immeubles protégés, qui compte 46 761 notices. Le dolmen de la Croix et le menhir de la Vierge, classés le 12 juin 1926. Le fort, inscrit le 30 octobre 2000, la notice précisant la parcelle. Et le phare des Grands-Cardinaux, inscrit le 10 juin 2020, qui se dresse sur un rocher au large.

Pourquoi le fort n'a-t-il pas été démoli ?

Le récit existe, mais il ne repose que sur une source, l'inventaire général du patrimoine de Bretagne, que le texte en ligne de la notice nationale reproduit ensuite. Selon cet inventaire, une loi de 1889 a déclassé l'ouvrage, il a été vendu en 1893 à un acheteur qui exploitait le goémon, et l'obligation de le raser dans les trois ans n'a pas été tenue. Nous n'avons pas pu lire la loi elle-même, et nous rapportons donc ce récit en l'attribuant.

Le fort a-t-il été armé ?

Nous ne tranchons pas. L'inventaire régional écrit que le fort est désarmé en 1875, et la notice nationale qu'il est abandonné en 1874. Une affirmation selon laquelle il n'aurait jamais été armé circule, attribuée au Conservatoire du littoral, mais nous n'avons pas pu relire ce document. Ces affirmations paraissent difficiles à concilier, et aucune n'est appuyée par un document d'archive que nous ayons lu. Nous signalons aussi qu'une appellation souvent employée est approximative : elle renvoie à un règne achevé en 1848, alors que l'inventaire régional place l'achèvement des travaux en 1855 ou 1856, le chantier ayant bien commencé en 1847, sous ce règne.
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