En 1993, EDF a vidangé le lac de Pareloup, en Aveyron. L’eau retirée a remis au jour les pâturages, les haies et les chemins noyés quarante ans plus tôt.
La formule est du syndicat mixte du bassin versant du Viaur, reconnu EPAGE en 2019. Elle figure dans son bulletin numéro 24, de juin 2015.
Le site tourisme-aveyron.com l’écrit de son côté. On a redécouvert les terres noyées lors de la vidange du lac de Pareloup en 1993, dit son encadré.
Aucune de ces deux sources ne mentionne un ouvrage réapparu en 1993. Le site tourisme-aveyron.com écrit en revanche que des fermes et des hameaux ont été ensevelis. Il le dit de l’ensemble du programme du Lévézou.
Pas un monument englouti : des pâturages, des haies et des chemins.
Ce que la vidange a coûté à l’eau potable
La vidange a eu une conséquence administrative, documentée dans un dossier déposé en préfecture. Elle a coupé la prise d’eau potable du Vioulou, en aval du barrage.
Une prise de secours a été créée la même année sur le lac de Bage. Une convention du 24 décembre 1993 fixe son prélèvement maximum à 400 litres par seconde.
Nous l’avons lu dans une note d’incidences de 114 pages. Elle est du syndicat mixte des eaux Lévézou Ségala, publiée par la préfecture.
La convention avait un caractère exceptionnel, précise le document. La ressource de Bage sert aujourd’hui toute l’année, en complément du Vioulou.
Des fermes et des hameaux noyés, aucun bourg dans nos sources
Dix communes ont été concernées par le projet de Pareloup, écrit la commune de Salles-Curan. C’est la commune à laquelle EDF et l’IGN rattachent le lac.
Elle compte 329 propriétaires concernés, dont 273 ont passé des accords à l’amiable. Les quelque 200 hectares restants, sur 1 763, ont été expropriés fin 1950.
Deux propriétaires seulement ont eu besoin d’une reconstruction. Les anciens bâtiments ont été dynamités avant d’être engloutis.
Aucun bourg n’est nommé dans les deux pages que nous avons lues. Les séries de population de l’Insee ne montrent par ailleurs aucun décrochage entre 1954 et 1962.
Salles-Curan, commune de rattachement du lac, passe de 1 692 habitants en 1954 à 1 633 en 1962. Ces séries ne mesurent pourtant pas la même population selon les années, et nous n’en tirons aucun taux.
Quatre mètres de marnage l’été, et c’est EDF qui l’écrit
Le lac de Pareloup est d’abord une réserve d’énergie. EDF le rappelle dans un appel à candidature d’avril 2021, pour une base nautique.
Le document porte l’en-tête du préfet de l’Aveyron et de la DREAL Occitanie. Sa page 3 annonce la plage de marnage estivale, et sa page 9 la redonne.
Elle sera au maximum d’environ 4 mètres du 1er juillet au 31 août, entre les cotes 801 et 805. Elle pourra être supérieure en juin et en septembre.
La crête est donnée à 806,5 mètres par le comité français des barrages. Elle se tient donc 1,5 mètre au-dessus du haut de la plage d’été, et ce calcul est le nôtre.
Ce que nos mesures donnent sur le lac de Pareloup
Nous avons interrogé la BD TOPO de l’Institut géographique national. L’objet rendu porte le toponyme Lac de Pareloup et la nature retenue-barrage.
Son contour compte 8 278 sommets et trois anneaux intérieurs, donc trois îles. Le périmètre de tous ces anneaux atteint 68 kilomètres.
La surface nette en eau ressort à 1 190 hectares, îles déduites. La plus grande distance entre deux sommets du contour mesure 8,369 kilomètres.
Le modèle altimétrique de l’IGN rend 803,00 mètres sur les points tombant en eau libre. C’est un plan d’eau de référence, et non un relevé du jour.
Les chiffres du lac de Pareloup ne s’accordent pas
La surface de Pareloup change selon l’institution. Notre mesure donne 1 190 hectares, EDF 1 239, le comité des barrages 1 259, le tourisme 1 290.
Salles-Curan annonce 120 kilomètres de rives. Notre contour en mesure 68.
Le décompte des propriétaires varie aussi. Salles-Curan écrit 329 propriétaires concernés par l’aménagement, tourisme-aveyron.com 147 propriétaires expropriés.
La date de mise en eau est donnée pour 1951 par l’EPAGE Viaur. Le comité des barrages retient 1953 comme année de mise en service.
Un dernier chiffre tient tout le système. Chaque année, 170 à 210 millions de mètres cubes quittent le Viaur pour alimenter le Tarn, écrit l’EPAGE Viaur.
Sources : syndicat mixte du bassin versant du Viaur, bulletin numéro 24, juin 2015, pages 2 et 4, pour les pâturages, les haies et les chemins révélés en 1993, la mise en eau de 1951 et les 170 à 210 millions de mètres cubes ; tourisme-aveyron.com, page Histoire EDF, pour la redécouverte des terres noyées, les fermes et les hameaux ensevelis sous les eaux et les 147 propriétaires expropriés pour Pareloup ; note d’incidences du syndicat mixte des eaux Lévézou Ségala, 114 pages, publiée par la préfecture, pages 20 et 36, pour la prise de Bage de 1993, la convention du 24 décembre 1993, son plafond de 400 litres par seconde et son usage permanent ; appel à candidature pour une base nautique, avril 2021, en-tête du préfet de l’Aveyron et de la DREAL Occitanie, pages 3, 8 et 9, pour le marnage estival et les 1 239 hectares ; comité français des barrages, fiche Pareloup, pour la crête à 806,5 mètres, les 1 259 hectares et la mise en service de 1953 ; commune de Salles-Curan, pour les dix communes, les 329 propriétaires, les 1 763 hectares, les bâtiments dynamités et les 120 kilomètres de berges ; Insee, populations communales 1876-2023 ; nos mesures sur la BD TOPO de l’IGN, objet PLANDEAU0000002000779079, dont la distance maximale de 8,369 kilomètres calculée sur l’enveloppe convexe des 8 277 sommets. Ne sont pas établis : le calendrier, le volume et la cote de la vidange de 1993 ; les cotes de retenue normale et minimale d’exploitation de Pareloup ; la commune d’implantation du barrage ; le motif de la création de la commune de Curan le 3 décembre 1952.

