Soixante-quatre communes classées pour quinze ans par un décret de mai 2018 : le parc naturel régional de l’Aubrac

Une estive fleurie du plateau de l'Aubrac, avec un bâtiment d'alpage au loin
Le plateau de l'Aubrac en estive : de l'herbe jusqu'à l'horizon, et un bâtiment d'alpage isolé. Photo : Rémih, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le parc naturel régional de l’Aubrac est l’un des plus récents de France. Son décret de classement, du 23 mai 2018, dit exactement deux choses que les présentations oublient souvent : combien de communes, et pour combien de temps.

Soixante-quatre communes sont classées, réparties en vingt-cinq dans l’Aveyron, douze dans le Cantal et vingt-sept en Lozère. Et la durée est de quinze ans à compter de la date de publication, intervenue au Journal officiel le lendemain de la signature.

Nous avons lu le texte en entier. Une dépêche d’agence de mai 2018 donne le même nombre de soixante-quatre communes et précise qu’il s’agissait du cinquante-troisième parc, et la presse agricole l’a repris en 2026 en parlant du périmètre classé.

Soixante-quatre communes, et quinze ans à compter de la publication.

Ce que le décret ne dit pas

Un texte de classement protège et organise exactement ce qu’il énonce, et il faut se garder d’en tirer davantage. Le décret fixe une durée de quinze ans à compter de la publication. Il ne mentionne ni date d’échéance, ni renouvellement.

Une date de 2033 circule : un article de presse agricole de janvier 2026 évoque une révision de la charte prévue cette année-là, calendrier qu’il attribue au parc. Le décret ne la mentionne pas. Elle se retrouve par un simple calcul sur quinze ans, mais ce n’est pas une disposition du texte. Nous ne l’écrivons donc pas comme une échéance décidée.

Même prudence sur le nombre de communes. Soixante-quatre sont classées. Le chiffre de soixante-dix-neuf que l’on rencontre s’obtient en ajoutant quinze collectivités partenaires, qui ne sont pas classées. Seule la liste de l’article premier fait foi pour savoir qui est dans le périmètre.

Des absentes qui étonnent

La lecture de cette liste réserve des surprises. Les sept communes dont le nom porte le mot Aubrac y figurent toutes, ce qui n’a rien d’étonnant. Mais Espalion, Sainte-Eulalie-d’Olt, Mur-de-Barrez, Marvejols et La Canourgue en sont absentes.

À l’inverse, Entraygues, Estaing et Saint-Côme-d’Olt, dans les vallées de la Truyère et du Lot, sont classées, comme Chaudes-Aigues dans le Cantal. Un périmètre de parc résulte d’une démarche volontaire des communes et d’une négociation, pas d’un tracé de relief.

Détail d’orthographe qui amuse et qui complique : le décret écrit Curièges là où le répertoire officiel des communes ne connaît que Curières. Quand un texte et un répertoire ne s’accordent pas sur un nom, c’est le texte qui engage, et le répertoire qui permet de le retrouver.

ÉlémentCe qui est établiSource
Classementdécret du 23 mai 2018texte lu en entier
Communes classéessoixante-quatrearticle premier du décret
Répartition25 Aveyron, 12 Cantal, 27 Lozèremême article
Duréequinze ans à compter de la publicationmême décret
Point culminant1 468,5 mètres, sur Trélansnotre mesure sur le modèle national
Burons protégésaucune noticeexport national, 46 761 notices
La population du parc ne figure pas ici : une dépêche donne trente-six mille habitants, notre somme des communes classées en donne vingt-sept mille deux cent soixante-six.

Trente-six mille habitants, ou vingt-sept mille

Un écart de population mérite d’être signalé, parce qu’il revient dans toutes les présentations du parc. La dépêche d’agence de 2018 annonce trente-six mille habitants. En additionnant les populations des soixante-quatre communes classées dans le répertoire officiel, nous obtenons vingt-sept mille deux cent soixante-six.

Nous n’expliquons pas cet écart, et nous nous gardons de choisir. Il peut tenir à un périmètre plus large retenu à l’époque, aux quinze collectivités partenaires, ou simplement à un millésime différent. Le dire est plus utile que de trancher.

La surface, elle, n’est pas mieux établie. Notre addition des soixante-quatre communes donne environ deux mille deux cents kilomètres carrés, mais ce n’est pas la surface publiée du parc, que nous n’avons pas trouvée dans les sources institutionnelles consultées.

Les burons, et l’impossibilité de les compter

Les burons sont ces bâtiments de pierre où l’on fabriquait le fromage pendant l’estive. Ils font l’image du plateau, et pourtant aucun chiffre les concernant ne tient debout.

Le parc parle de trois cents à l’apogée, tout en décrivant par ailleurs un ensemble qui en approche autant aujourd’hui. Un office de tourisme donne deux cent soixante-quatre en activité vers 1945. Une revue de 2014, citant un mémoire universitaire, parle de deux cent soixante-quatorze recensés dont cent cinq en bon état, sans dater l’inventaire. Et l’on trouve trente-huit en activité en 1968 contre cinquante et un en 1964.

Sur la fermeture des derniers, le flou persiste : deux d’entre eux auraient cessé en 2002, mais l’un aurait rouvert en 2008. Nous exposons ces valeurs plutôt que d’en choisir une, parce qu’aucune ne s’appuie sur un inventaire daté et signé.

  • Aucun buron de l’Aubrac ne figure dans l’export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques, qui compte 46 761 notices.
  • La recherche du mot buron n’y rend que dix notices sans rapport avec le plateau.
  • Nasbinals, commune emblématique, n’y a qu’une notice : son église, classée le 27 octobre 1921.
  • Cette absence vaut pour cet export seulement : elle ne dit rien d’un inventaire régional.

Le point culminant, enfin, mérite sa précision. C’est le signal de Mailhebiau, et nous l’avons mesuré à 1 468,5 mètres sur le modèle altimétrique national, après avoir balayé environ onze mille points autour du plateau. Il tombe sur la commune lozérienne de Trélans, à environ cinq cent dix mètres de la limite avec l’Aveyron. La valeur de 1 469 mètres qui circule ne vient d’aucune source institutionnelle que nous ayons lue, et l’écart, inférieur au mètre, n’est pas un désaccord.

Vu d’en haut, l’Aubrac n’offre aucun repère : une table d’herbe sans arête ni sommet marqué, piquée de bâtiments isolés et de murets. Le relief ne dit rien du périmètre du parc, et c’est bien pourquoi il a fallu un décret pour le tracer, commune par commune.

Sources : décret du 23 mai 2018 portant classement du parc naturel régional de l’Aubrac, publié au Journal officiel le 24 mai 2018, lu en entier, pour la liste des communes, la répartition et la durée ; dépêche d’agence du 30 mai 2018 et presse agricole de janvier 2026 pour le nombre de communes et le rang du parc ; répertoire officiel des communes pour les noms et les surfaces ; modèle altimétrique de l’institut géographique national pour la mesure du point culminant, faite pour ce dossier ; export national des immeubles protégés du ministère de la Culture, 46 761 notices, pour l’absence de buron protégé et pour l’église de Nasbinals ; publications du parc, d’un office de tourisme et d’une revue de 2014 pour les décomptes de burons, tous divergents. La surface publiée du parc n’a pas été trouvée, et l’avis du conseil national de la protection de la nature n’a pas pu être lu.

Questions fréquentes

Quand le parc a-t-il été créé ?

Par un décret du 23 mai 2018, publié au Journal officiel le lendemain. Nous avons lu le texte en entier. Il classe soixante-quatre communes, réparties en vingt-cinq dans l'Aveyron, douze dans le Cantal et vingt-sept en Lozère, et fixe une durée de quinze ans à compter de la date de publication.

Le classement expire-t-il en 2033 ?

Le décret ne le dit pas, et nous ne l'écrivons donc pas. Il fixe une durée de quinze ans à compter de la publication : la date d'échéance que l'on peut en déduire est un calcul, pas une disposition. Le texte ne prévoit rien non plus sur un éventuel renouvellement, ce qui est traité ailleurs dans le droit des parcs.

Soixante-quatre ou soixante-dix-neuf communes ?

Les deux chiffres existent et ne désignent pas la même chose. Soixante-quatre est le nombre de communes classées par le décret. Soixante-dix-neuf s'obtient en ajoutant quinze collectivités partenaires, qui ne sont pas classées. Seule la liste de l'article premier du décret fait foi pour savoir qui est dans le périmètre.

Quelles communes ne sont pas dedans ?

Plusieurs, et certaines surprennent. Espalion, Sainte-Eulalie-d'Olt, Mur-de-Barrez, Marvejols et La Canourgue sont absentes de la liste. À l'inverse, Entraygues, Estaing et Saint-Côme-d'Olt, dans les vallées de la Truyère et du Lot, y figurent, comme Chaudes-Aigues dans le Cantal. Un périmètre de parc est une décision, pas une carte de relief.

Quel est le point culminant du plateau ?

Le signal de Mailhebiau, sur la commune lozérienne de Trélans. Nous l'avons mesuré à 1 468,5 mètres sur le modèle altimétrique national, après avoir balayé environ onze mille points, et il tombe à environ cinq cent dix mètres de la limite avec l'Aveyron. La valeur de 1 469 mètres que l'on trouve ailleurs ne vient d'aucune source institutionnelle que nous ayons pu lire : les deux ne se contredisent pas pour autant, l'écart étant inférieur au mètre.
PartagerFacebookXWhatsAppLinkedInE-mail
Retour en haut