La dune du Pilat, à l’entrée du bassin d’Arcachon, est la plus haute d’Europe : 103,6 mètres en 2023. Elle contient environ 55 millions de mètres cubes de sable, et elle n’est pas immobile. Côté forêt, elle avance de un à cinq mètres par an, en ensevelissant les arbres sur son passage.
Vue du ciel, elle se lit comme une frontière en mouvement : l’océan et le banc d’Arguin d’un côté, la forêt des Landes de Gascogne de l’autre, et entre les deux une vague de sable de près de trois kilomètres qui glisse lentement vers l’intérieur des terres.
Une dune de 6 000 ans
La dune s’est formée à la fin de la remontée du niveau marin qui a suivi la dernière glaciation, il y a environ 6 000 ans, lorsque la mer s’est stabilisée à son niveau actuel. Elle est alimentée par le sable du banc d’Arguin : à marée basse, quand le banc est découvert, le vent emporte les grains qui viennent se déposer sur la dune.
- 616 mètres d’ouest en est et 2,9 kilomètres du nord au sud.
- Une pente douce côté océan, de 5 à 20 degrés, où le sable s’étale en remontant vers le sommet.
- Une pente raide côté forêt, de 30 à 40 degrés, à l’abri du vent.
- Située à Pyla-sur-Mer, sur la commune de La Teste-de-Buch.
Des forêts fossiles dans le sable
Le versant ouest cache une archive naturelle : quatre paléosols majeurs, c’est-à-dire d’anciens sols fossilisés. À la base, un ancien sol recouvre une tourbe datée d’environ 3 500 ans avant notre ère. Au-dessus, trois paléosols dunaires s’échelonnent entre 3 000 ans avant notre ère et aujourd’hui. Ces couches sont les restes de forêts, souches d’arbres et terre, que la dune a successivement recouvertes. Elle a déjà enseveli des forêts, et continue de le faire.
Une dune qui bouge dans les deux sens
Côté est, l’avancée est régulière : la dune gagne sur le massif forestier au rythme de un à cinq mètres par an. Côté ouest, l’évolution est plus irrégulière. Le littoral nord subit une forte érosion, surtout lors des tempêtes d’hiver, tandis que l’érosion reste faible, voire nulle ces dernières années, le long du littoral sud.
| Mesure | Valeur |
|---|---|
| Hauteur (2023) | 103,6 mètres |
| Longueur nord-sud | 2,9 kilomètres |
| Largeur ouest-est | 616 mètres |
| Volume de sable | environ 55 millions de m³ |
| Avancée sur la forêt | 1 à 5 mètres par an |
| Visiteurs | près de 2 millions par an |
Monter sur la dune : ce qu’il faut savoir
Près de deux millions de visiteurs gravissent la dune chaque année, dont plus d’un million comptés par l’éco-compteur du chemin d’accès. C’est le site le plus visité de Gironde, et l’un des sites naturels les plus fréquentés de France, après la forêt de Fontainebleau et la baie du Mont-Saint-Michel. En août, certaines journées dépassent les 10 000 personnes : c’est le mois à éviter si l’on cherche le calme.
Côté budget, l’accès est gratuit pour les piétons, les cyclistes et les usagers des transports en commun, notamment le bus qui relie la gare d’Arcachon à la dune. Seul le parking situé au pied de la dune, côté forêt, est payant ; ses recettes contribuent à la préservation du site classé. Le Conservatoire du littoral y possède près de 100 hectares et poursuit l’acquisition des parcelles privées.
La dune du Pilat est un monument naturel qui refuse de tenir en place. Comme la roue de l’étang de Montady ou le labyrinthe de Merville, elle ne révèle toute sa géométrie qu’à la verticale : une crête nette, deux versants dissymétriques, et la forêt qui recule d’année en année.
À voir autour
- L’étang de Montady : un autre paysage qui ne se comprend que du ciel
Pour aller plus loin : Le dossier La Gironde vue du ciel et la rubrique Vu du ciel.
Sources : notice de la dune du Pilat, Wikipédia en français.
