En 1965, un peintre a refait l’intérieur de l’église Saint-Pierre de Boissiérette. L’arrêté du 10 juin 2026 protège aujourd’hui tout ce décor, et en exclut la sacristie.
Le peintre est Louttre.B, de son nom Marc-Antoine Bissière. Il est le fils de Roger Bissière, et les deux hommes signent les vitraux.
Nous le savons par un dossier du ministère de la Culture, rédigé par Isabelle Sengès en juin 2013. Il compte quarante-trois pages, que nous avons lues.
Sa page 8 énumère la campagne de 1965. Sol en mosaïque de galets du pays, autel de béton, vitraux, chemin de croix, plafond peint, broderie murale.
Un décor de 1965 protégé en totalité, et une sacristie mise dehors.
Ce que l’arrêté du 10 juin 2026 protège à Boissiérette
Le texte inscrit l’église en totalité, y compris l’ensemble de son décor intérieur. Il énumère le plafond, le sol, le chemin de croix et l’autel.
Il nomme aussi les fonts baptismaux et leur grille, les vitraux et les consoles. Il nomme enfin la broderie et les peintures murales du chœur.
La sacristie est expressément exclue. Le champ de typologie de la notice porte d’ailleurs la mention inscrit MH partiellement.
L’église de Boissiérette est sur la parcelle A 928, et elle appartient à la commune. Nous ne donnons pas sa surface, et nous disons plus bas pourquoi.
Une brodeuse que l’acte protège sans la nommer
L’arrêté protège nommément une broderie. Il ne dit pas qui l’a faite.
Le dossier du ministère, lui, la nomme. Il écrit broderie murale de Laure, pour Laure Latapie.
Elle est la seule intervenante de Boissiérette que la notice de protection ne nomme pas. Les deux peintres, eux, y figurent.
Nous n’avons pas trouvé le nom du maître verrier. Ni la notice ni le dossier du ministère ne le nomment.
Nous ne savons pas non plus comment les vitraux se répartissent entre le père et le fils. Le dossier les attribue aux deux sans les compter.
Ce que l’État retient, et ce qu’il ne dit pas
La notice officielle range cette église dans la seconde moitié du vingtième siècle. C’est la campagne principale de construction qu’elle retient.
Cela ne veut pas dire que l’édifice de Boissiérette ait été bâti après 1950. Ses champs de datation et d’historique sont vides.
Aucune source signée que nous ayons lue ne date le bâtiment. Toutes décrivent une campagne de 1965 sur un édifice existant.
Le ministère lui-même titrait en 2013 Renaissance d’une chapelle. Nous écrivons donc ce que l’État retient, et non une date de construction.
Six églises sur 46 761 notices
Nous avons filtré l’export national sur ce champ de siècle. Trente-huit notices portent exactement la seconde moitié du vingtième siècle.
Cela fait 0,081 pour cent du fichier. Six d’entre elles sont des églises.
Boissiérette est la plus récemment protégée des trente-huit et des six. Elle est aussi la seule des six dont le champ d’auteur ne nomme aucun architecte.
Une borne s’impose ici. Les deux protections les plus récentes de tout l’export datent du 26 juillet 2026, à Calais et à Puissalicon.
Boissiérette ne détient donc aucun record national. Elle ferme une liste de trente-huit, et une liste de six.
Pourquoi nous ne donnons pas la surface de l’église
Le cadastre déclare la parcelle A 928 à 145 mètres carrés. Sa géométrie, dans le même service, en rend 157,81.
L’écart de 12,8 mètres carrés est interne à une seule source. Le plan de l’IGN republie celui de la direction générale des finances publiques.
Une seconde divergence s’ajoute. La base topographique place le bâtiment religieux du hameau sur une autre parcelle.
Il est à 35,7 mètres des coordonnées de la notice. Les deux services de l’Institut géographique national ne pointent donc pas le même toit.
Nous ne tranchons pas lequel est l’église. Nous ne publions donc ni hauteur ni surface.
Ce que nous donnons tient en trois mesures. Le hameau est à 300,37 mètres d’altitude, soit 63 mètres au-dessus de l’église du bourg, à 1 355 mètres.
Sources : export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques, 46 761 notices, notice PA46000093, pour le texte de l’arrêté du 10 juin 2026 et son énumération, l’exclusion de la sacristie, la parcelle A 928, la propriété communale, la mention inscrit MH partiellement, les champs de datation et d’historique vides, et pour nos décomptes sur les trente-huit notices de la seconde moitié du vingtième siècle, les six églises et l’absence d’architecte nommé ; dossier du ministère de la Culture sur le un pour cent artistique, direction régionale des affaires culturelles de Midi-Pyrénées, rédigé par Isabelle Sengès en juin 2013, quarante-trois pages lues par nos soins, page imprimée 8, pour la campagne de 1965, le sol en mosaïque de galets du pays, l’autel de béton, les vitraux de Bissière et de Louttre B., le chemin de croix, le plafond peint et la broderie murale de Laure ; plan cadastral servi par l’Institut géographique national, parcelle 461840000A0928, pour la contenance déclarée et pour notre calcul de géométrie ; base topographique et service altimétrique du même institut pour les altitudes et les distances. Ne sont pas établis : le texte intégral de l’arrêté avec ses visas, que le ministère déclare consultable sur place seulement et dont aucune copie numérique n’est fournie ; la date de construction du bâtiment ; la raison de l’exclusion de la sacristie ; la répartition des vitraux entre le père et le fils ; le nom du maître verrier ; et la surface de l’édifice, deux valeurs divergeant à l’intérieur du même cadastre. Les index des recueils d’actes administratifs de la préfecture de région ont refusé nos requêtes, que nous n’avons pas contournées.

