Trois arrêtés en quatre-vingt-dix ans et un jardin écarté : le château de Brienne-le-Château

La façade du château de Brienne-le-Château et les ifs taillés de son allée
Le château de Brienne-le-Château vu de son allée, devant les ifs taillés du jardin régulier. L'arrêté du 16 mars 2026 inscrit ce jardin et la partie nord du parc. Photo : Eugen.Schwoerer, Public domain, via Wikimedia Commons.

Samuel Bouju, secrétaire général pour les affaires régionales et européennes, a signé un arrêté le 16 mars 2026. Il inscrit le jardin régulier et la partie nord du parc du château de Brienne-le-Château.

Nous avons lu l’acte dans le recueil des actes administratifs de la préfecture de région. Ses deux pages sont des images, lues par reconnaissance optique.

Trois passes à 300, 600 et 700 points par pouce donnent le même texte. Une quatrième lecture, à 900 points, a servi à contrôler la ligne chiffrée.

L’arrêté exclut en même temps l’ancien jardin irrégulier, au sud du parc. Il est affecté par de nombreuses constructions hospitalières et voué à évoluer, écrit l’acte.

Un jardin inscrit au nord, un autre écarté au sud, et un hôpital entre les deux.

Ce que l’arrêté du 16 mars 2026 ajoute à Brienne

Il n’ajoute aucun bâtiment, et c’est le point. Il ajoute du sol planté au nord et pose une exclusion au sud.

Son article 2 complète un arrêté du 9 novembre 2023. L’acte porte sur quatre parcelles de la section AO, d’une contenance de 13,96 hectares.

Nous avons vérifié ce chiffre au cadastre. Les parcelles 1, 3, 4 et 5 totalisent 139 592 mètres carrés, soit 13,9592 hectares.

Cette contenance n’est pourtant pas la surface inscrite. L’acte retranche le jardin du sud à l’intérieur même de ce périmètre.

Une cinquième parcelle, nommée en 2023, ne figure plus en 2026. Elle mesure 81 134 mètres carrés, soit plus du tiers de l’ensemble de 2023.

Trois arrêtés en quatre-vingt-dix ans

Le premier arrêté de Brienne date du 4 juin 1935. Le dernier du 16 mars 2026, soit 33 158 jours plus tard.

Cela fait quatre-vingt-dix ans et neuf mois. Soixante-dix notices de l’export national portent ainsi trois actes, tous des inscriptions.

Brienne arrive au troisième rang pour l’écart entre le premier et le dernier. Moussages et Péronne la devancent.

Rien n’y est classé, et cela mérite d’être dit. Le classement est la protection la plus forte, et le château n’en a jamais fait l’objet.

Seuls deux éléments sont protégés en totalité, le pavillon Cardinal et les ruines du pigeonnier. Ailleurs, les actes nomment des façades, des toitures, mais aussi le rez-de-chaussée, les sous-sols et les galeries.

Un château qui appartient à un hôpital

Le statut juridique de l’édifice est rare dans l’export. Douze notices portent la mention d’un établissement public de santé, sous cinq orthographes.

Une seule d’entre elles est dénommée château, et c’est Brienne. Il faut toutefois dire la limite de ce décompte.

Ce champ est vide dans 3,4 pour cent du fichier. Il l’est dans 1,7 pour cent des 6 311 notices de châteaux. Le chiffre de douze est donc un plancher.

L’arrêté écrit que le domaine appartenait avant 1956 à cet établissement. Deux autres sources donnent pourtant 1983 et 1959 pour des dates voisines.

Nous rapportons la formule de l’acte sans en faire une date de propriété. Nous ne tranchons pas.

Le château de Brienne n’est pas son école militaire

Deux édifices distincts portent ce nom, et il faut les séparer. Le château est inscrit partiellement et appartient à l’établissement de santé.

L’ancienne école militaire est classée depuis le 29 juin 1933, et elle appartient à la commune. Son arrêté dit que ses bâtiments sont classés parmi les monuments historiques.

Il n’en subsiste qu’un seul bâtiment, celui qu’occupe le musée. Environ six cents mètres séparent les deux édifices.

C’est l’école, et non le château, que fréquenta l’élève Bonaparte. Nous nous en tenons là, car les récits abondent et les actes sont rares.

Un dernier point reste hors de portée. Le plan annexé colore les parties inscrites et porte une échelle, mais nous n’avons pas mesuré ce tracé.

Sources : arrêté préfectoral numéro 2026/081 du 16 mars 2026, préfet de la région Grand Est, signé par Samuel Bouju, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de région du 27 mars 2026, pages 136 et 137, lu par reconnaissance optique à 300, 600 et 700 points par pouce avec trois passes concordantes, pour l’inscription du jardin régulier et de la partie nord du parc, pour l’exclusion de l’ancien jardin irrégulier, pour les quatre parcelles de la section AO et leur contenance de 13,96 hectares, pour le visa de l’avis de la commission régionale du patrimoine et de l’architecture du 19 juin 2025 et pour l’article 2 qui complète l’arrêté du 9 novembre 2023 ; export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques, 46 761 notices, notices PA00078062 et PA00078064, pour l’acte du 4 juin 1935, pour le classement de l’ancienne école militaire le 29 juin 1933, et pour nos décomptes sur les soixante-dix notices à trois inscriptions et sur les douze notices d’établissements publics de santé ; plan cadastral servi par l’Institut géographique national, commune 10064, section AO, pour les 139 592 mètres carrés des quatre parcelles et les 81 134 de celle qui sort ; base adresse nationale et coordonnées des deux notices, qui donnent de 569 à 614 mètres entre les deux édifices selon le point retenu. Ne sont pas établis : la surface réellement inscrite, le plan annexé délimitant les parties inscrites sans que nous ayons mesuré ce tracé ; la date à laquelle l’établissement de santé est devenu propriétaire, trois sources donnant 1956, 1959 et 1983 ; l’identification de la parcelle sortie en 2026 avec l’ancien jardin du sud, que l’acte ne pose pas ; et le texte de l’arrêté du 9 novembre 2023, que nous n’avons pas lu à sa source. Le statut du parc au titre des sites n’a pas pu être vérifié, les fiches de la direction régionale ayant répondu par une erreur de serveur à trois reprises.

Questions fréquentes

Qu'inscrit l'arrêté du 16 mars 2026 ?

Le jardin régulier et la partie nord du parc, sur les parcelles 1, 3, 4 et 5 de la section AO, d'une contenance de 13,96 hectares. Il exclut l'ancien jardin irrégulier au sud du parc, que l'acte décrit comme affecté par de nombreuses constructions hospitalières et voué à évoluer. Il n'ajoute aucun bâtiment à la protection, et son article 2 complète un arrêté du 9 novembre 2023.

Quelle surface est réellement protégée ?

Nous ne pouvons pas la donner. Les 13,96 hectares sont la contenance des quatre parcelles, que nous avons vérifiée au cadastre à 139 592 mètres carrés. Mais l'acte retranche le jardin du sud à l'intérieur même de ce périmètre. Son plan annexé colore les parties inscrites et porte une échelle, mais nous n'avons pas mesuré ce tracé. Écrire que quatorze hectares sont inscrits élargirait la portée de l'acte.

Est-ce le château où Napoléon a étudié ?

Non, et les deux édifices sont distincts par la notice, le régime et le propriétaire. L'élève Bonaparte a fréquenté l'école militaire, dont les bâtiments sont classés par un arrêté du 29 juin 1933 et qui appartient à la commune. Il n'en subsiste qu'un bâtiment, celui qu'occupe le musée. Environ six cents mètres séparent les deux.
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