Le 29 juin 2026, le préfet de la région Occitanie a inscrit au titre des monuments historiques la carrière antique et médiévale des Pielles, à Combas, dans le Gard, en totalité et, précise l’acte, y compris ses vestiges enfouis. La protection couvre sept parcelles au lieu-dit Les Ombrens, dans le Bois des Lens, pour 295 140 mètres carrés de contenance cadastrale, soit 29,5 hectares.
Nous avons lu l’arrêté en entier dans le recueil de la préfecture de région, son corps étant en image. Son considérant tient en une phrase et donne deux motifs : la présence exceptionnelle de traces abondantes des techniques d’exploitation de carrière, et le prestige de la pierre des Lens, matériau qui a largement contribué à l’édification des monuments antiques du Midi.
Ce que l’État protège ici, ce n’est pas un monument, c’est l’endroit où on le taillait.
Le prestige du massif, et ce qui revient à cette carrière-ci
Le second motif demande une précaution que l’acte ne prend pas. Le prestige invoqué est celui du massif entier, qui compte plusieurs carrières. Les travaux publiés dans la revue Gallia, revue du CNRS, établissent bien que cette pierre a été reconnue dans de nombreuses œuvres antiques et qu’elle figure en bonne place dans les monuments les plus ornés, à commencer par la Maison Carrée de Nîmes. Mais c’est le matériau du massif qui est ainsi rattaché à ces monuments, pas la production des Pielles. Aucune source que nous avons lue ne permet d’attribuer un édifice identifiable à cette carrière précise, et nous ne franchissons pas ce pas.
Ce que la recherche place dans celle-ci est plus modeste et plus précis. Elle la range dans un groupe méridional de trois carrières assez modestes, dont la pierre est moins oolithique et un peu plus dure que celle du nord et du centre. Elle la compte par ailleurs, dans un autre groupe de trois, parmi les carrières à chantiers de tradition hellénistique, où l’activité romaine est restée dérisoire sauf précisément aux Pielles, dont la pierre est plus fine et plus résistante. Et elle y distingue six chantiers de carriers successifs, du début du Haut-Empire au quinzième siècle.
Ce décompte de six chantiers n’est pas administratif, et il faut le dire : la fiche du ministère ne porte aucune datation. Ses champs de datation, d’historique et d’observations sont vides, et seule la mention Antiquité et Moyen Âge y figure, sans siècle. Toutes les dates de cet article viennent donc de la recherche. Dernière réserve, de la même source : la fouille n’a porté que sur la partie orientale du site.
Sept parcelles, dont deux seulement à la commune
Le périmètre est inhabituel par sa composition. Sur les sept parcelles de la section inscrite, la commune de Combas n’en possède que deux, les plus petites, qui totalisent 12 220 mètres carrés. C’est 4 pour cent de l’emprise protégée. Les cinq autres, soit 96 pour cent, appartiennent à des propriétaires privés, que l’arrêté nomme avec leur état civil et leurs actes notariés et que nous ne reprenons pas.
| parcelle | contenance | propriété |
|---|---|---|
| 0X 38, 39, 40 | 166 350 m² | privée |
| 0X 41 et 42 | 12 220 m² | commune de Combas |
| 0X 43 et 44 | 116 570 m² | privée |
Rapporté au territoire communal, l’ensemble représente 1,84 pour cent de la superficie de Combas : près de deux pour cent d’une commune passent ainsi sous le régime des monuments historiques, pour un site qui n’est ni une église ni un château.
Vu du ciel, un bloc et non un ruban
Nous avons mesuré la forme de l’ensemble sur les sommets que le plan cadastral renvoie pour les sept parcelles. L’emprise s’étend sur 868 mètres d’est en ouest et 535 du nord au sud, ses deux points les plus éloignés étant distants de 884 mètres. Notre calcul d’aire sur ces contours donne 295 020 mètres carrés, quatre dix-millièmes d’écart avec la somme des contenances.
Le chiffre qui dit le plus est un rapport : l’emprise remplit 85,5 pour cent de son enveloppe convexe. Autrement dit, ce n’est pas un ruban étiré le long d’un front de taille, mais un bloc d’un seul tenant. L’État a protégé une zone, pas une ligne.
Sources : arrêté préfectoral R76-2026-06-29-00001 du 29 juin 2026, lu en entier dans le recueil des actes administratifs n° R76-2026-267 de la préfecture de la région Occitanie, son corps étant en image et relu par reconnaissance optique à trois cents puis six cents points par pouce, pour l’article premier, les sept parcelles, le considérant et la propriété ; notice PA30000148 du ministère de la Culture, qui déclare reprendre intégralement les termes de l’arrêté et n’en est donc pas une source indépendante, pour les champs de datation, d’historique et d’observations, tous vides ; Jean-Claude Bessac, Les carrières du Bois des Lens, revue Gallia, tome 59, 2002, lu en entier sur l’archive ouverte du CNRS, seule source indépendante de l’administration ici, pour les six chantiers, le groupe méridional, l’activité romaine et la pierre des Lens dans les monuments antiques ; service du plan cadastral de l’IGN, qui republie le cadastre de la direction générale des finances publiques, pour les contenances, et geo.api.gouv.fr pour la superficie communale, les additions et les mesures de forme étant les nôtres. Ne sont pas établis : le rattachement d’un monument identifiable à la pierre de cette carrière ; les volumes extraits, les surfaces fouillées, les profondeurs et le nombre de blocs. L’arrêté nomme les propriétaires privés avec leur état civil et leurs actes : nous ne le reprenons pas.

