Les Côtes-d’Armor ne comptent que 56 ouvrages bétonnés relevés, le total le plus bas de la série

Un bunker pour canon antichar au Linkin, à Perros-Guirec, dans les Côtes-d'Armor
Un ouvrage du Linkin, à Perros-Guirec, dans les Côtes-d'Armor. Photo : Kev22, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Cinquante-six ouvrages bétonnés relevés pour tout le département : c’est le total le plus bas des dix-sept départements publiés dans cette rubrique.

Les Côtes-d’Armor comptent 56 ouvrages militaires bétonnés relevés, répartis sur 23 communes.

Un chiffre qui parle du relevé

Il faut commencer par ce que ce total ne dit pas. Il ne dit pas que le littoral costarmoricain a été épargné : il dit que le relevé collaboratif y est beaucoup moins fourni qu’ailleurs.

La comparaison avec les voisins est sans appel. Le Finistère compte 317 ouvrages relevés, le Morbihan 331, la Manche 340. Les Côtes-d’Armor en comptent 56, soit entre cinq et six fois moins, pour une façade maritime du même ordre.

Les deux autres indicateurs vont dans le même sens. Sept ouvrages seulement portent un nom, et aucun n’est signalé comme ouvert à la visite ni relié à un article encyclopédique. Quand un relevé est mince, il l’est sur tous les plans à la fois.

C’est la raison pour laquelle cette page existe quand même. Une série qui ne publierait que les départements bien couverts donnerait une image fausse de la base dont elle tire ses chiffres.

DonnéeNombrePart du département
ouvrages relevés56100 %
portant un nom712 %
communes concernées23sur l’ensemble du département
signalés comme historiques1323 %
déclarés en ruine ou abandonnés712 %
reliés à un article encyclopédique00 %
signalés comme ouverts à la visite00 %
Le relevé départemental, calculé ouvrage par ouvrage.

Aucune commune ne dépasse cinq ouvrages

La répartition est l’autre particularité du département. Nulle part on ne trouve de concentration comparable aux 31 ouvrages de Grandcamp-Maisy ou aux 18 de La Poterie-Cap-d’Antifer.

Pordic, Saint-Jacut-de-la-Mer et Saint-Brieuc arrivent en tête avec cinq ouvrages chacune, suivies de Pléneuf-Val-André et Pleumeur-Gautier avec quatre. Vingt-trois communes se partagent les 56 points, soit deux à trois en moyenne.

Cette dispersion peut se lire de deux façons. Soit le dispositif était effectivement plus diffus ici, soit les contributeurs ont relevé un ouvrage par endroit visité, sans jamais ratisser une commune entière. Le relevé ne permet pas de trancher.

Le Finistère voisin compte 317 ouvrages relevés. Les Côtes-d’Armor en comptent 56.

CommuneOuvrages relevésPart du département
Pordic59 %
Saint-Jacut-de-la-Mer59 %
Saint-Brieuc59 %
Pléneuf-Val-André47 %
Pleumeur-Gautier47 %
Saint-Alban35 %
Penvénan35 %
Lannion35 %
Binic-Étables-sur-Mer24 %
Hillion24 %
Les 10 communes qui comptent le plus d’ouvrages relevés.

Quelle sorte d’ouvrages

Au-delà de la position, une étiquette renseigne le type de l’ouvrage. Elle n’est remplie que pour 17 des 56 ouvrages du département, soit 30 %. C’est peu, mais cela suffit à montrer ce que recouvre le mot blockhaus, qui désigne dans l’usage courant des constructions très différentes.

Type d’ouvrageNombrePart des types renseignés
emplacement de pièce d’artillerie529 %
petit poste de tir bétonné529 %
abri pour le personnel424 %
casemate212 %
dépôt de munitions16 %
Les types les plus fréquents parmi les 17 ouvrages dont le type est renseigné.

Ces catégories ne se valent pas. Un dépôt de munitions, un abri pour le personnel et un emplacement de pièce d’artillerie n’ont ni la même taille, ni la même fonction, ni la même visibilité sur le terrain. Les compter ensemble sous un seul mot fait perdre l’essentiel de ce que le relevé contient.

Ce que le relevé laisse dans l’ombre

Le type est renseigné pour 17 ouvrages sur 56. Les emplacements de pièces d’artillerie et les petits postes de tir bétonnés arrivent en tête avec cinq occurrences chacun, devant quatre abris pour le personnel et deux casemates.

Sept ouvrages sont déclarés en ruine ou abandonnés, treize portent l’étiquette historique. Ces proportions, 13 % et 23 %, ne sont pas aberrantes : c’est le nombre absolu qui est faible, pas la qualité du peu qui a été renseigné.

Aucun ouvrage, en revanche, n’est signalé comme ouvert à la visite. Des sites costarmoricains se visitent pourtant : simplement, la base collaborative ne le dit pas, et cette page ne peut rapporter que ce qu’elle contient.

Ce que vaut un département peu relevé

Publier cette page suppose d’assumer une faiblesse, et c’est précisément son intérêt. Les seize départements déjà traités donnaient tous l’impression d’un relevé abondant : celui-ci rappelle que l’abondance est le cas particulier, pas la règle.

Le rapport de un à six avec le Finistère voisin est le chiffre à retenir. Deux départements bretons, deux façades maritimes, et un écart que rien dans l’histoire militaire ne justifie : il ne reste que l’inégale couverture de la base.

Cela vaut comme avertissement pour toutes les pages de cette rubrique. Un département qui affiche un gros total est un département bien renseigné, et non nécessairement un département plus fortifié que son voisin.

Les proportions restent en revanche comparables d’un territoire à l’autre, et c’est pourquoi nous les publions systématiquement à côté des nombres bruts : une part d’ouvrages nommés ou en ruine se lit même sur un petit échantillon.

Comment ces chiffres sont obtenus

Chaque ouvrage est compté individuellement, à partir du relevé collaboratif OpenStreetMap, sous licence ODbL. Ce n’est pas un inventaire officiel : il enregistre ce que des contributeurs ont relevé sur le terrain, et sa finesse varie fortement d’un département à l’autre. Un département peu couvert paraîtra donc moins fortifié qu’il ne l’est.

Les communes sont obtenues en plaçant chaque point dans le polygone communal publié par l’API du découpage administratif. C’est la méthode qui donne les chiffres des pages déjà en ligne, et elle a été appliquée ici à l’identique.

Deux séries de données présentes sur les pages précédentes manquent ici : le rattachement de chaque ouvrage à un système fortifié, ligne Maginot ou mur de l’Atlantique, et la desserte par un chemin ou une route à moins de cinquante mètres. Les fichiers qui les portaient ne sont plus disponibles, et ces colonnes ont été retirées plutôt que reprises d’un état antérieur, qui ne correspondrait plus aux totaux publiés ici.

Ce que la vue d’ensemble montre

D’en haut, les points s’égrènent le long de la côte sans jamais se masser. De Pleumeur-Gautier à Saint-Jacut-de-la-Mer, on suit un pointillé plutôt qu’une ligne.

La vue montre aussi que l’intérieur du département est vide, comme en Seine-Maritime et dans le Calvados. Sur ce point, les trois relevés du jour disent la même chose : la fortification côtière reste une affaire de rivage.

Elle rappelle enfin la prudence qui s’impose. Un espace vide sur cette carte signifie que personne n’a relevé d’ouvrage, pas qu’il n’y en a pas. C’est vrai partout, et c’est particulièrement vrai ici.

Pour aller plus loin : Le portail Blockhaus et la page Quels blockhaus se visitent.

Sources : relevé collaboratif OpenStreetMap sous licence ODbL, extrait et agrégé ouvrage par ouvrage ; API du découpage administratif pour les contours communaux ; comptage réalisé pour tete-en-ciel.com le 16 octobre 2026.

Questions fréquentes

Combien d'ouvrages dans les Côtes-d'Armor ?

56 ouvrages militaires bétonnés relevés, répartis sur 23 communes. C'est le total le plus bas des dix-sept départements publiés jusqu'ici dans cette rubrique.

Pourquoi si peu ?

Parce que le relevé est mince, pas parce que la côte l'est. Le Finistère voisin, avec un littoral comparable, en compte 317, le Morbihan 331 et la Manche 340. L'écart mesure la couverture de la base collaborative, pas la fortification.

Où sont-ils ?

Dispersés. Pordic, Saint-Jacut-de-la-Mer et Saint-Brieuc en comptent cinq chacune, Pléneuf-Val-André et Pleumeur-Gautier quatre. Aucune commune ne dépasse cinq ouvrages, ce qui distingue nettement ce département des autres.

Combien portent un nom ?

Sept sur 56, soit 12 %. C'est la part la plus faible des trois départements traités aujourd'hui, devant la Seine-Maritime et ses 16 % et le Calvados et ses 42 %.

Peut-on les visiter ?

Aucun ouvrage n'est signalé comme ouvert à la visite dans le relevé, et aucun n'est relié à un article encyclopédique. C'est le seul des trois départements traités aujourd'hui dans ce cas.

Quels types d'ouvrages ?

Le type est renseigné pour 17 ouvrages sur 56, soit 30 %. Les emplacements de pièces d'artillerie et les petits postes de tir bétonnés arrivent en tête avec cinq occurrences chacun, devant quatre abris pour le personnel.

Ces chiffres sont-ils officiels ?

Non. Ils proviennent du relevé collaboratif OpenStreetMap, sous licence ODbL, agrégé ouvrage par ouvrage, et non d'un inventaire du ministère. Cette page est donc autant un état du relevé qu'un état du terrain.
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