Cent quatre-vingt-quatorze ouvrages bétonnés relevés, vingt-cinq communes, et quatre d’entre elles qui en portent plus de soixante pour cent : la Charente-Maritime concentre son béton militaire sur quelques points.
Le département compte 194 ouvrages militaires bétonnés relevés, répartis sur 25 communes.
Quatre communes, plus de la moitié du relevé
La Rochelle vient en tête avec 45 ouvrages, suivie des Mathes avec 35, de La Tremblade avec 22 et de Saint-Denis-d’Oléron avec 16. Le cumul de ces quatre communes dépasse les 60 % du département.
La géographie de cette concentration n’a rien d’uniforme. La Rochelle est un port ; Les Mathes et La Tremblade bordent la forêt de la Coubre, à l’embouchure de la Gironde ; Saint-Denis occupe la pointe nord d’Oléron.
Autrement dit, le relevé dessine deux objets bien distincts : une rade et une embouchure. Entre les deux, des communes qui ne portent que quelques ouvrages chacune.
| Donnée | Nombre | Part du département |
|---|---|---|
| ouvrages relevés | 194 | 100 % |
| portant un nom | 30 | 15 % |
| communes concernées | 25 | sur l’ensemble du département |
| signalés comme historiques | 65 | 34 % |
| déclarés en ruine ou abandonnés | 8 | 4 % |
| reliés à un article encyclopédique | 2 | 1 % |
| signalés comme ouverts à la visite | 1 | 1 % |
Des emplacements d’artillerie, massivement
La répartition des types est la plus déséquilibrée des trois départements du jour. Sur les 21 ouvrages dont le type est renseigné, 15 sont des emplacements de pièces d’artillerie.
Les autres catégories se réduisent à presque rien : deux petits postes de tir bétonnés, un poste de commandement, un observatoire, un tobrouk, un abri pour le personnel.
Il faut se garder d’en conclure que le département ne comptait que des batteries. Onze pour cent seulement des ouvrages ont un type renseigné, et ce qui est renseigné est souvent ce qui se repère le plus facilement sur le terrain.
Quinze des vingt et un types renseignés sont des emplacements de pièces d’artillerie.
| Commune | Ouvrages relevés | Part du département |
|---|---|---|
| La Rochelle | 45 | 23 % |
| Les Mathes | 35 | 18 % |
| La Tremblade | 22 | 11 % |
| Saint-Denis-d’Oléron | 16 | 8 % |
| Ars-en-Ré | 10 | 5 % |
| Saint-Georges-de-Didonne | 8 | 4 % |
| Saint-Palais-sur-Mer | 8 | 4 % |
| Lagord | 7 | 4 % |
| Saint-Clément-des-Baleines | 5 | 3 % |
| Sainte-Marie-de-Ré | 5 | 3 % |
Quelle sorte d’ouvrages
Au-delà de la position, une étiquette renseigne le type de l’ouvrage. Elle n’est remplie que pour 21 des 194 ouvrages du département, soit 11 %. C’est peu, mais cela suffit à montrer ce que recouvre le mot blockhaus, qui désigne dans l’usage courant des constructions très différentes.
| Type d’ouvrage | Nombre | Part des types renseignés |
|---|---|---|
| emplacement de pièce d’artillerie | 15 | 71 % |
| petit poste de tir bétonné | 2 | 10 % |
| poste de commandement | 1 | 5 % |
| observatoire | 1 | 5 % |
| tobrouk | 1 | 5 % |
| abri pour le personnel | 1 | 5 % |
Ces catégories ne se valent pas. Un dépôt de munitions, un abri pour le personnel et un emplacement de pièce d’artillerie n’ont ni la même taille, ni la même fonction, ni la même visibilité sur le terrain. Les compter ensemble sous un seul mot fait perdre l’essentiel de ce que le relevé contient.
Une rade, une embouchure
Les deux pôles du relevé n’ont pas la même nature, et la vue d’ensemble le montre mieux que les chiffres. La Rochelle et ses 45 ouvrages, avec Lagord en retrait immédiat, défendent une rade et un port en eau profonde.
Les Mathes et La Tremblade, qui totalisent 57 ouvrages à elles deux, ne défendent aucune ville. Elles occupent la forêt de la Coubre, à l’entrée de l’estuaire de la Gironde, c’est à dire un seuil maritime et rien d’autre.
Entre les deux, la côte de Royan, avec Saint-Palais-sur-Mer et Saint-Georges-de-Didonne et leurs huit ouvrages chacune, complète le dispositif de l’embouchure sur sa rive droite.
Cette répartition explique la dominante d’artillerie des types renseignés. On ne tient pas une embouchure avec des abris : on la tient avec des pièces capables d’atteindre le chenal.
Les îles au relevé
Ré et Oléron figurent toutes deux dans le classement, sans y dominer. Saint-Denis-d’Oléron compte 16 ouvrages, Ars-en-Ré 10, Saint-Clément-des-Baleines 5 et Sainte-Marie-de-Ré 5.
Ces chiffres sont modestes au regard de ce que l’on sait de la fortification insulaire, et ils rappellent la limite de l’exercice : une île peut être couverte d’ouvrages sans que personne ne les ait relevés un par un.
La côte continentale, elle, est mieux renseignée, de La Rochelle à Saint-Palais-sur-Mer et Saint-Georges-de-Didonne, qui comptent huit ouvrages chacune, en passant par Lagord et ses sept.
Comment ces chiffres sont obtenus
Chaque ouvrage est compté individuellement, à partir du relevé collaboratif OpenStreetMap, sous licence ODbL. Ce n’est pas un inventaire officiel : il enregistre ce que des contributeurs ont relevé sur le terrain, et sa finesse varie fortement d’un département à l’autre. Un département peu couvert paraîtra donc moins fortifié qu’il ne l’est.
Les communes sont obtenues en plaçant chaque point dans le polygone communal publié par l’API du découpage administratif. C’est la méthode qui donne les chiffres des pages déjà en ligne, et elle a été appliquée ici à l’identique.
Deux séries de données présentes sur les pages précédentes manquent ici : le rattachement de chaque ouvrage à un système fortifié, ligne Maginot ou mur de l’Atlantique, et la desserte par un chemin ou une route à moins de cinquante mètres. Les fichiers qui les portaient ne sont plus disponibles, et ces colonnes ont été retirées plutôt que reprises d’un état antérieur, qui ne correspondrait plus aux totaux publiés ici.
Ce que la vue d’ensemble montre
D’en haut, la carte du département se lit comme une succession de verrous. Chaque entrée maritime, la rade de La Rochelle, les pertuis, l’embouchure de la Gironde, porte sa concentration d’ouvrages.
La vue montre aussi que l’intérieur est vide. Vingt-cinq communes seulement portent des ouvrages, et toutes sont littorales ou immédiatement en retrait du rivage.
Elle rappelle enfin la discrétion de ces ouvrages dans le paysage actuel. Un seul est signalé comme ouvert à la visite dans tout le département, sur cent quatre-vingt-quatorze.
La vue dit enfin ce que les chiffres taisent. Huit ouvrages seulement sont déclarés en ruine, mais c’est une étiquette posée par un contributeur, pas un constat d’ensemble : pour les cent quatre-vingt-six autres, le relevé ne dit rien de leur état.
Pour aller plus loin : Le portail Blockhaus et la page Quels blockhaus se visitent.
Sources : relevé collaboratif OpenStreetMap sous licence ODbL, extrait et agrégé ouvrage par ouvrage ; API du découpage administratif pour les contours communaux ; comptage réalisé pour tete-en-ciel.com le 17 octobre 2026.

