Classée le 24 juillet 2026 en totalité, mobilier intégré au bâti et sol de la parcelle compris : la maison Badin de 1954, à Sceaux

La maison Badin à Sceaux, construite en 1954, et son jardin
La maison Badin, à Sceaux. Classée le 24 juillet 2026 en totalité, mobilier intégré dès l'origine et sol de la parcelle compris. Photo : Lionel Allorge, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Le 24 juillet 2026, un arrêté a classé au titre des monuments historiques la maison Badin, à Sceaux, dans les Hauts-de-Seine. Le ministère de la Culture date l’édifice de 1954. Ce n’est pas une inscription mais un classement, degré supérieur de protection, et l’acte se substitue à l’arrêté d’inscription du 5 mai 2014, que la notice cite.

Le libellé vise la maison en totalité, comprenant le second oeuvre et le mobilier intégré au bâti dès l’origine, le jardin, la passerelle d’accès depuis la rue avec l’escalier menant à la cour anglaise et leurs garde-corps, ainsi que le sol de la parcelle.

Inscrite en 2014, classée en 2026 avec le mobilier intégré à son bâti dès l’origine.

Deux mots qu’aucun autre libellé de protection ne porte

Nous avons cherché la formule de cet acte dans le reste du fichier national. Le corpus est l’export des immeubles protégés au titre des monuments historiques, quarante-six mille sept cent soixante et une notices, interrogé le 4 novembre 2026.

  • Les mots mobilier intégré dans le champ de précision de la protection : une seule notice, celle-ci.
  • Les variantes mobilier incorporé et mobilier attaché : aucune notice. La variante mobilier d’origine : trois notices, et ce sont trois autres, dont une maison de Champigny-sur-Marne protégée en totalité y compris son mobilier d’origine.
  • La variante mobilier fixe : une seule notice, et c’est une autre.
  • Le mot mobilier sous une forme quelconque dans ce même champ : quatre-vingt-trois notices.

Ce décompte porte sur la formule employée par l’acte, et non sur l’idée de protéger du mobilier avec un immeuble, qui est ancienne. Ce qui est unique ici, c’est que l’arrêté nomme le mobilier intégré au bâti dès l’origine, c’est-à-dire qu’il refuse de séparer la maison de ce que son architecte y avait fixé.

Le troisième acte le plus récent, et pourquoi nous ne disons pas le premier

Nous avons trié l’export entier par la date la plus récente du champ de date et de typologie de la protection, toutes natures confondues. Quarante-quatre mille huit cent quarante-neuf notices portent au moins une date complète. Mille neuf cent douze n’en portent pas : la plupart n’ont qu’un millésime, et quatre cent quarante-huit ont un champ de protection entièrement vide.

RangDateNotice
1 et 226 juillet 2026l’hôtel de ville de Calais, dans le Pas-de-Calais ; une maison dite des Évêques, à Puissalicon, dans l’Hérault
324 juillet 2026la maison Badin, à Sceaux
La formule juste est donc troisième acte le plus récent de cet export, et non le plus récent de France. Le jeu de données du ministère de la Culture porte une dernière mise à jour au 29 octobre 2026 : c’est cette date qui borne le superlatif, et non la date du jour.

Une seule institution, et un document qui ne corrobore rien

Il faut dire une faiblesse de ce dossier, parce qu’elle est réelle et qu’elle est instructive.

Pour la mesure de 2026, nous n’avons trouvé qu’une institution : le ministère de la Culture. La plateforme ouverte du patrimoine, l’export national et l’extraction régionale sont la même donnée, cette dernière se déclarant elle-même extraction de la liste ministérielle. La liste annuelle des protections paraît au Journal officiel avec un an de décalage, celle de 2025 ayant été publiée en juin 2026 : celle de 2026 ne paraîtra pas avant 2027.

Un document qu’on croirait confirmer, et qui recopie : l’annexe du plan local d’urbanisme intercommunal, dossier approuvé par le conseil de territoire du 11 décembre 2024, ne porte pas le classement de 2026 mais l’inscription du 5 mai 2014. Et elle la recopie : la coquille en totalié, avec son accent mais sans le e final, s’y trouve à l’identique de la liste publiée au Journal officiel du 26 juin 2015, quand la base nationale écrit en totalité. Deux textes qui partagent une faute de frappe ne font pas deux sources. C’est le genre de vérification que nous faisons à chaque fois qu’un second document semble appuyer le premier.

L’arrêté lui-même n’est pas en ligne, et ce n’est pas un échec de nos outils : les champs d’attachement de la notice sont vides, un drapeau de dossier vide y est porté, et le ministère écrit que l’acte n’est consultable que sur place, à Charenton-le-Pont. Il n’y avait donc rien à passer en reconnaissance optique.

Classer de l’architecture d’après-guerre

Pour situer cet acte, nous avons compté les protections d’édifices récents.

Cinquante-neuf notices de l’export réunissent une datation entièrement postérieure à 1945 et un classement, et celle-ci est la plus récente des cinquante-neuf. Quinze de ces cinquante-neuf portent le mot maison dans leur dénomination. Avec un filtre plus lâche, retenant l’année la plus tardive du champ de datation, on compte quatre-vingt-deux classements contre deux cent cinquante-sept inscriptions : l’architecture d’après-guerre est donc plus souvent inscrite que classée, dans un rapport de trois pour un.

Une limite de méthode doit accompagner ces chiffres : ce filtre ne voit que les onze mille deux cent soixante et une notices dont le champ de datation contient une année à quatre chiffres. Les autres, datées par siècle, n’y entrent pas.

Sur l’année de construction, les sources ne s’accordent pas. Le ministère et le guide touristique de la commune donnent 1954, les archives municipales de cette même commune donnent 1955, et le Centre Pompidou porte sur ses fiches projet réalisé 1954-1955. Nous rapportons l’écart, qui oppose deux services d’une même mairie, et nous ne le tranchons pas.

Vu du ciel, cent trente-quatre mètres carrés sur une lanière

Ce que l’on voit d’en haut, c’est une maison posée sur une parcelle étroite, dans un tissu pavillonnaire. Nous avons mesuré au lieu d’estimer.

  • La parcelle porte une contenance cadastrale de sept cent quarante-huit mètres carrés. Notre propre calcul d’aire sur sa géométrie donne sept cent quarante et un mètres carrés et huit dixièmes, soit huit dixièmes de pour cent d’écart, ce qui est normal entre une contenance portée au cadastre et un contour vectorisé.
  • C’est une lanière : sa boîte englobante mesure vingt-huit mètres trois sur quarante-six mètres huit.
  • Un seul bâtiment a tous ses sommets à l’intérieur de la parcelle. Son emprise au sol, que nous avons mesurée, est de cent trente-trois mètres carrés et sept dixièmes, soit dix-sept virgule neuf pour cent de la parcelle, dans une boîte de quatorze mètres un sur quinze mètres un.
  • L’altitude au service d’altimétrie de l’État est de soixante-sept mètres quatre-vingt-quinze.

Le voisinage immédiat est lui-même protégé. Nos calculs de distance par la formule de haversine placent la maison d’un autre architecte, classée en 2024 et propriété de la commune, à cent un mètres huit, et une autre maison protégée à deux cent vingt et un mètres. Le domaine de Sceaux est à neuf cent quarante-cinq mètres du point de la notice.

Un dernier mot sur une confusion à ne pas faire, et que nous avons évitée de justesse. Le nom de l’architecte associé à cette maison est aussi attaché à un projet de maison suspendue des années trente. Un dossier pédagogique d’un musée de Rouen établit que ce projet est resté à l’état de maquette. Les deux ne doivent pas être confondus.

Sources : notice PA92000022 du ministère de la Culture, lue dans l’export national des immeubles protégés au titre des monuments historiques et sur la plateforme ouverte du patrimoine, pour le classement par arrêté du 24 juillet 2026, le libellé intégral, la datation de 1954, la propriété privée, la parcelle et les coordonnées, cette notice déclarant reprendre les termes de l’arrêté ; jeu de données du ministère de la Culture publié sur la plateforme ouverte des données publiques, pour la date de dernière mise à jour au 29 octobre 2026 qui borne le superlatif, et pour la taille du fichier, que nous avons vérifiée identique à celui que nous avons lu ; annexe du plan local d’urbanisme intercommunal, citée non comme source mais comme exemple de recopie, la coquille en totalié y étant identique à celle de la liste publiée au Journal officiel du 26 juin 2015, la base nationale écrivant pour sa part en totalité ; archives municipales et guide touristique de la commune de Sceaux, et fiches du Centre Pompidou, pour le désaccord sur l’année de construction ; dossier pédagogique d’un musée des beaux-arts, pour le projet de maison suspendue resté à l’état de maquette ; service d’interrogation du plan cadastral de l’IGN, pour la contenance de sept cent quarante-huit mètres carrés ; base topographique et service d’altimétrie de l’IGN, et nos propres calculs d’aire et de haversine avec un rayon de 6 371,0088 kilomètres, pour l’emprise au sol, les dimensions, l’altitude et les distances ; export national des immeubles protégés, quarante-six mille sept cent soixante et une notices, interrogé par nos soins le 4 novembre 2026, pour l’unique notice portant les mots mobilier intégré, les quatre-vingt-trois portant le mot mobilier, les cinquante-neuf classements d’édifices datés d’après 1945, les quatre-vingt-deux classements et deux cent cinquante-sept inscriptions du filtre élargi, les onze mille deux cent soixante et une notices à datation chiffrée, les quarante-quatre mille huit cent quarante-neuf notices à date complète et les deux actes postérieurs du 26 juillet 2026. Ne sont pas établis : le texte de l’arrêté du 24 juillet 2026, que le ministère déclare consultable sur place seulement, le plan annexé, l’année exacte de construction, et le contenu de deux corpus restés fermés sur vérification anti-robot, que nous n’avons pas contournée.

Questions fréquentes

Que protège exactement l'arrêté ?

Le libellé que publie le ministère de la Culture vise la maison Badin en totalité, comprenant le second oeuvre et le mobilier intégré au bâti dès l'origine, le jardin, la passerelle d'accès depuis la rue avec l'escalier menant à la cour anglaise et leurs garde-corps, ainsi que le sol de la parcelle, tel que représenté sur le plan annexé à l'arrêté. C'est un classement, degré supérieur de protection, et non une inscription.

Classer une maison de 1954, est-ce courant ?

Nous avons compté plutôt que de le supposer. Dans l'export national, cinquante-neuf notices réunissent les deux conditions d'une datation d'édifice entièrement postérieure à 1945 et d'une typologie de classement, et celle-ci est la plus récente des cinquante-neuf. Avec un filtre plus lâche, l'année la plus tardive du champ de datation étant postérieure à 1945, on compte quatre-vingt-deux classements contre deux cent cinquante-sept inscriptions. Une limite doit être dite : ce filtre ne porte que sur les notices dont le champ de datation contient une année à quatre chiffres.

Qu'a cette protection d'unique ?

Sa formule. Nous avons cherché les mots mobilier intégré dans le champ de précision de la protection des quarante-six mille sept cent soixante et une notices : une seule les porte, celle-ci. Les variantes mobilier incorporé et mobilier attaché n'en rendent aucune, mobilier fixe une seule et mobilier d'origine trois, toutes ailleurs. Quatre-vingt-trois notices portent le mot mobilier sous une forme ou une autre.

Est-ce la protection la plus récente de France ?

Non, et la formule juste est importante. C'est le troisième acte le plus récent de l'export national arrêté au 29 octobre 2026. Deux actes du 26 juillet 2026 lui sont postérieurs, l'hôtel de ville de Calais et une maison de Puissalicon, dans l'Hérault. Et cet export est une photographie à une date : il ne dit rien des arrêtés signés depuis.

De quand date la maison, 1954 ou 1955 ?

Les deux années circulent et nous ne les départageons pas. Le ministère de la Culture et le guide touristique de la commune donnent 1954, les archives municipales de la même commune donnent 1955, et le Centre Pompidou porte sur ses fiches la mention projet réalisé 1954-1955. Le désaccord oppose donc deux services de la même commune.
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