Les blockhaus du Haut-Rhin : 1 318 ouvrages fortifiés relevés, 1 214 sans système établi

Une casemate de la ligne Maginot à Geiswasser, dans le Haut-Rhin
Une casemate à Geiswasser, dans le Haut-Rhin. Photo : Florival fr, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Le Haut-Rhin est le deuxième gisement d’ouvrages bétonnés de France, et c’est aussi le plus muet. Sur 1 318 ouvrages relevés, 1 214 ne portent aucune étiquette permettant de dire à quel système fortifié ils appartiennent.

Le département compte 1 318 ouvrages militaires bétonnés relevés, répartis sur 164 communes. 311 portent un nom, soit 24 %.

Beaucoup d’ouvrages, peu de descriptions

La comparaison avec le voisin immédiat est frappante. Le Bas-Rhin relève 549 ouvrages et en nomme 344. Le Haut-Rhin en relève plus du double, 1 318, et en nomme 311. Le premier a été décrit, le second a surtout été pointé.

Ce n’est pas un jugement sur le terrain mais sur le relevé. Un contributeur qui repère un ouvrage sur une photographie aérienne enregistre une position en quelques secondes ; établir son nom, son type et son appartenance demande une enquête. Les deux travaux ne se font pas à la même vitesse, et le Haut-Rhin en porte la trace.

DonnéeNombrePart du département
ouvrages relevés1 318100 %
portant un nom31124 %
ligne Maginot établie796 %
construction allemande établie181 %
daté de la Première Guerre mondiale30 %
daté d’avant 191430 %
daté de la Seconde Guerre mondiale10 %
aucun système établi1 21492 %
déclarés en ruine ou abandonnés19415 %
un chemin à moins de 50 m85865 %
ni chemin ni route à 50 m21817 %
Le relevé départemental, calculé ouvrage par ouvrage.

Pour 1 214 ouvrages sur 1 318, aucune donnée ne dit de quel système ils relèvent.

Où ils se trouvent, et ce que l’on ne peut pas en conclure

Les six communes les mieux pourvues réunissent 327 ouvrages. Wattwiller, Cernay, Wuenheim, Soultz-Haut-Rhin, Hartmannswiller et Wittelsheim forment un ensemble resserré au pied des Vosges.

CommuneCodeOuvrages relevés
Wattwiller6835971
Cernay6806364
Wuenheim6838160
Soultz-Haut-Rhin6831546
Hartmannswiller6812245
Wittelsheim6837541
Schweighouse-Thann6830237
Sainte-Marie-aux-Mines6829836
Hohrod6814229
Sainte-Croix-en-Plaine6829529
Les dix communes qui comptent le plus d’ouvrages relevés.

Une conclusion que les données ne permettent pas : ce secteur est connu pour les combats de la Première Guerre mondiale, et il serait tentant d’en déduire que ces ouvrages en relèvent. Trois ouvrages seulement y sont datés de 1914-1918 dans le relevé. L’hypothèse est peut-être juste, rien ici ne l’établit, et cette page ne la présente donc pas comme un fait.

Ce qui est établi, en revanche, tient en peu de chiffres : 79 ouvrages rattachés à la ligne Maginot, 18 à une construction allemande, 3 à la Première Guerre mondiale et 3 à une période antérieure à 1914. Le reste est en attente d’une donnée.

Les ouvrages que l’on peut documenter

Un seul ouvrage du département réunit un nom et au moins deux références extérieures vérifiables : la casemate numéro 86 de l’Aschenbach, à Uffheim. C’est très peu pour un département qui en relève plus de treize cents, et cela dit exactement où en est la documentation.

OuvrageCommuneSystèmeDesserte mesurée
Ligne Maginot Casemate n°86 de l’AschenbachUffheimligne Maginotroute
Les ouvrages réunissant un nom et au moins deux références extérieures.

Le département détient pourtant un autre record, inverse : 16 ouvrages y portent une vocation touristique déclarée, le chiffre le plus élevé de France. Des ouvrages sont donc ouverts ou mis en valeur localement sans que le relevé en garde autre chose qu’une étiquette.

Ce que la vue d’ensemble montre

D’en haut, le Haut-Rhin ne dessine pas une ligne mais des grappes. Les concentrations se forment au pied du massif vosgien, autour de Cernay et de Wattwiller, et non le long d’une frontière continue comme dans le Bas-Rhin.

La vue montre aussi une desserte inhabituellement bonne : 858 ouvrages ont un chemin à moins de cinquante mètres, soit 65 % du total, contre 50 % à l’échelle nationale. Les ouvrages haut-rhinois sont, en moyenne, plus près des chemins que ceux du reste du pays.

Elle rappelle enfin ce qui manque. Un semis de treize cents points dont on ignore la nature pour 92 % d’entre eux n’est pas une carte de la fortification : c’est une carte de ce qui a été repéré. La différence est tout le sujet de cette rubrique.

Quelle sorte d’ouvrages

Au-delà du système fortifié, une autre étiquette renseigne le type de l’ouvrage, et elle est remplie pour 240 des 1 318 ouvrages du département, soit 18 %. Elle donne une idée de ce que recouvre le mot blockhaus, qui désigne dans l’usage courant des constructions très différentes.

Type d’ouvrageNombrePart des types renseignés
blockhaus7832 %
abri pour le personnel5322 %
nid de mitrailleuse2812 %
emplacement de pièce d’artillerie2310 %
petit poste de tir bétonné177 %
observatoire94 %
casemate94 %
Répartition des 240 ouvrages dont le type est renseigné.

Ces catégories ne se valent pas. Un dépôt de munitions, un abri pour le personnel et un emplacement de pièce d’artillerie n’ont ni la même taille, ni la même fonction, ni la même visibilité sur le terrain. Les compter ensemble sous un seul mot fait perdre l’essentiel de ce que le relevé contient.

Cette étiquette est aussi un indice de la qualité du relevé, au même titre que le nom. Un ouvrage dont le type est renseigné a été regardé de près par quelqu’un, sur place ou dans une source ; un ouvrage réduit à ses coordonnées a seulement été repéré. L’écart entre les deux chiffres mesure la distance qui sépare un inventaire d’un simple pointage.

À ces ouvrages s’ajoutent 5 cas intermédiaires : des ouvrages dont le nom emploie le lexique d’un système sans le nommer, par exemple un ouvrage de ou une casemate de suivis d’un lieu-dit. Cet indice ne suffit pas à établir un rattachement, et ces ouvrages sont donc comptés avec ceux dont le système reste indéterminé.

Comment ces chiffres sont obtenus

Chaque ouvrage est compté individuellement. Le rattachement à un système fortifié ne vient jamais du département, mais d’une étiquette que l’ouvrage porte lui-même : une référence Wikimaginot, un secteur fortifié nommé, la mention Maginot, un type d’ouvrage propre à la ligne, un site officiel la nommant, un modèle Regelbau, un constructeur déclaré ou une année de construction.

La desserte est mesurée séparément pour chaque ouvrage dans la BD TOPO de l’Institut national de l’information géographique et forestière, en cherchant un chemin puis une route à moins de 50 mètres du point relevé. Ce n’est pas une autorisation de visite : elle dit seulement ce qui est atteignable depuis une voie répertoriée.

Les communes proviennent de l’API du découpage administratif. L’ensemble repose sur le relevé collaboratif OpenStreetMap, sous licence ODbL, qui n’est pas un inventaire officiel : il enregistre ce que des contributeurs ont relevé, et sa finesse varie fortement d’un département à l’autre.

À voir autour

Pour aller plus loin : La rubrique Blockhaus et le dossier Haut-Rhin.

Sources : OpenStreetMap sous licence ODbL ; IGN, BD TOPO ; API du découpage administratif. Relevé arrêté au 9 octobre 2026.

Questions fréquentes

Pourquoi si peu d'ouvrages documentés ?

Parce que 311 seulement portent un nom sur 1 318, soit moins d'un quart. Le relevé est dense en positions et pauvre en descriptions. Pour 1 214 ouvrages, aucune étiquette n'établit le système fortifié auquel ils appartiennent, soit 92 % du total départemental.

Combien relèvent de la ligne Maginot ?

79 ouvrages portent une preuve d'appartenance dans leurs propres étiquettes, 18 relèvent d'une construction allemande établie, 3 de la Première Guerre mondiale et 3 d'une période antérieure à 1914. C'est peu au regard du volume total.

Les communes en tête correspondent-elles au front de 1914 ?

Les six communes les plus pourvues, Wattwiller, Cernay, Wuenheim, Soultz-Haut-Rhin, Hartmannswiller et Wittelsheim, se trouvent dans un secteur marqué par la Première Guerre mondiale. Mais les données ne permettent pas de l'affirmer pour les ouvrages eux-mêmes : trois seulement y sont datés de 1914-1918. Cette page ne tire donc pas cette conclusion.

Quelles communes en comptent le plus ?

Wattwiller avec 71 ouvrages, Cernay avec 64, Wuenheim avec 60, Soultz-Haut-Rhin avec 46, Hartmannswiller avec 45 et Wittelsheim avec 41.

Peut-on les approcher ?

857 ouvrages ont un chemin à moins de 50 mètres, la proportion la plus favorable des grands départements, et 218 n'ont ni chemin ni route à cette distance. Cette mesure, faite sur la BD TOPO de l'IGN, ne vaut pas autorisation de visite.

Combien sont en ruine ou abandonnés ?

194 ouvrages sont déclarés en ruine ou abandonnés. Comme partout, ce chiffre mesure la part des ouvrages dont l'état a été renseigné, pas un taux de dégradation du parc.

Lesquels peut-on visiter ?

Seize ouvrages portent une vocation touristique déclarée, le chiffre le plus élevé de tous les départements français. Un seul réunit un nom et deux références extérieures vérifiables, la casemate numéro 86 de l'Aschenbach, à Uffheim.
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